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Pour un meilleur diagnostic des maladies cardiaques chez les femmes

Pour un meilleur diagnostic des maladies cardiaques chez les femmes
Capture d'écran, TVA Nouvelles

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Chaque année au Canada, 31 000 femmes meurent à la suite de problèmes cardiaques, ce qui représente un décès toutes les 20 minutes.

«Je crois que c’est alarmant, je crois qu’il y a absolument une mobilisation à faire», a souligné Dre Jessica Forcillo, chirurgienne cardiaque au CHUM.

Les femmes sont cinq fois plus nombreuses à mourir d’une maladie du cœur que du cancer du sein. De plus, lorsqu’elles sont victimes d’une crise cardiaque, elles sont plus susceptibles que les hommes d’en mourir ou d’en faire une deuxième. Il y a aussi 45 % plus de femmes qui font des AVC.

Les maladies cardiaques se présentent sous de nombreuses formes, comme a pu le constater Debbie Latulippe, une femme qui vivait avec une occlusion de 100 % de son artère principale du cœur, et ce, sans avoir de douleurs thoraciques.

«J’ai gonflé des jambes, beaucoup de fois, a raconté Mme Latulippe à TVA Nouvelles. En plus de ça, je n’avais pas d’énergie. Je n’étais pas capable de marcher loin.»

Elle a été opérée avec succès à l’aide d’un robot en décembre dernier. Sans la vigilance de son médecin de famille, elle aurait pu faire un infarctus.

Il faut aussi savoir que les femmes qui souffrent de diabète et qui sont ménopausées sont plus à risque que les autres.

«La survenue de leur infarctus est 7 ans plus tard que les hommes, parce qu’elles ont encore l’effet protecteur des œstrogènes, a indiqué Dre Forcillo. Cependant, une fois la ménopause arrivée, on n’a plus cet effet protecteur là, donc c’est là que le risque augmente.»

La plupart des études en santé cardiovasculaire mettent l’accent sur les hommes, alors que les femmes sont très différentes.

«Souvent, les diagnostics sont retardés ou non faits», a souligné la chirurgienne

Des signes précoces d'infarctus ne sont pas diagnostiqués dans 78 % des cas chez les femmes, car plusieurs n'ont pas de douleurs thoraciques. Leurs symptômes sont alors attribués, trop souvent, au stress.

«Il y a un récent sondage au Canada qui est sorti, disant que seulement 26 % des cardiologues et des médecins de famille étaient à l'aise de traiter leurs patientes femmes avec des symptômes cardiovasculaires», a précisé Dre Jessica Forcillo.

Comme plusieurs de ses collègues, elle veut créer au CHUM une clinique de cardiologie uniquement pour les femmes.