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Puissante Antigone

Une relecture réussie et incandescente

Antigone
Photo courtoisie, Stéphane Bourgeois Joanie Lehoux habite avec intensité le personnage d’Antigone : une femme engagée qui préfère se révolter et mourir plutôt que de demeurer vivante et paralysée.

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Il y a toujours des risques à transposer une œuvre classique dans une autre époque. En plus d’être réussie, la relecture d’Antigone est un objet théâtral moderne, incandescent et qui résonne très fort.

À l’affiche au Trident jusqu’au 30 mars, l’adaptation du texte de Sophocle est le fruit d’un investissement total de l’équipe de création. Une évidence qui se sent tout au long de la pièce.

L’idée du metteur en scène, Olivier Arteau, de s’enfermer au Grand Théâtre durant un mois pour la création d’Antigone a visiblement infusé une âme à cette adaptation.

Les comédiens sont à la hauteur, la scénographie est inventive et cette relecture résonne avec le monde dans lequel on vit.

Antigone est une histoire de résistance. La résistance d’une jeune femme qui n’accepte pas que son frère Polynice, décédé, ne soit pas mis en terre.

Polynice a perdu la vie lors d’un combat fratricide avec son frère Étéocle pour le trône de Thèbes laissé vacant.

Créon, le nouveau souverain, proclame que quiconque enterrera Polynice, qu’il considère comme étant un traître, à connaîtra la mort. Rebelle, révoltée et engagée, Antigone contrevient à cet ordre.

La relecture de Pascale Renaud-Hébert, Rébecca Déraspe et Annick Lefebvre se déroule dans un monde dystopique aux allures de Mad Max, 1984 et Blade Runner.

Sur son X

La planète souffre. La chaleur est intense. Le peuple qui fait face à une dictature est à fleur de peau. Ça ne va pas bien.

La mise en scène est géniale. Un chœur intervient à différents moments, pour commenter et appuyer ce qui se passe. Un mélange d’opéra et de hip-hop avec un phrasé « franglais » à la Dead Obies parfois dissonant et soutenu par des chorégraphies.

Puissante et intense, Joanie Lehoux est totalement sur son X (au bon endroit, NDLR) dans la peau d’Antigone.

On assiste à de superbes scènes mettant en vedette le personnage de Créon, interprété par Réjean Vallée, lors de confrontations avec Antigone et avec son fils Hémon (Jean-Denis Beaudoin). Celle où Antigone est enterrée vivante est saisissante et spectaculaire.

Antigone est une œuvre qui amène le théâtre où il doit être en 2019. Avec une audace qui secoue les traditions, et c’est très bien ainsi.