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Catherine qui?

GEN-Conférence de presse de Catherine Fournier
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Et il est là le problème de la nouvelle députée indépendante. Elle semble avoir surestimé sa notoriété.

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J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour Catherine Fournier.

La bonne, c’est que nous parlons encore d’elle, 48 heures après sa conférence de presse pour annoncer qu’elle se sauvait du Parti québécois. Elle est chanceuse, quand même. Faire autant de millage médiatique avec si peu de clarté, c’est digne de mention.

La mauvaise, c’est que la tonalité est négative. Très négative. Personne n’arrive à vraiment comprendre quelle mouche a bien pu piquer la jeune députée de Marie-Victorin.

Nuire au PQ

Je disais donc que nous en avons beaucoup parlé depuis deux jours. Tout d’abord, parce que nous sommes en relâche parlementaire, et qu’il faut bien finir par jaser d’autres choses que de SNC-Lavalin. Aussi, il y a cette jambette peu gracieuse que fait madame Fournier au parti qui l’a mise au monde.

Elle assomme carrément une formation amochée, qui peinait déjà à se relever.

Au travers de ses explications alambiquées pour tenter de nous faire comprendre comment elle souhaite unir par la division, Catherine Fournier pose de bonnes questions et dresse certains constats lucides sur l’état du Parti. À commencer par savoir si le PQ est toujours le bon véhicule pour faire la promotion de la souveraineté. Mais pourquoi ne pas avoir soulevé ces points dans le cadre de la démarche de remise en question qui s’amorcera sous peu au sein des instances ?

On dirait que c’est Catherine Fournier qui veut la peau du PQ, finalement. Elle jure que le Québec n’a pas besoin d’une autre formation souverainiste... pour l’instant ! Est-ce à dire qu’elle souhaite mener la charge pour achever le PQ, puis faire naître un nouveau mouvement qui reprendrait le flambeau ? Si tel est le cas, elle est mieux de se réveiller de bonne heure ! Le PQ a prouvé à maintes reprises son sens de la résilience. Sans dire qu’il redeviendra le grand parti d’antan, je peine à croire que le coup de gueule d’une jeune députée sans expérience pourra mener à l’enterrement du parti de René Lévesque.

Oui, il est vrai que Catherine Fournier fait une belle jambe aux péquistes. Mais de là à croire qu’elle sera l’élément déclencheur d’un mouvement de fond, je décroche totalement. Car s’il est vrai que nous parlons encore d’elle aujourd’hui, ce ne sera plus le cas demain, ou après-demain, ou le jour suivant. C’est une question de temps avant que celle-ci ne sombre dans l’indifférence.

Faible notoriété

Et il est là le problème de la nouvelle députée indépendante. Elle semble avoir surestimé sa notoriété. Elle prétend même que les citoyens de Marie-Victorin l’ont élue, elle, et non pas le Parti québécois. Voyons donc.

Au-delà des deux jeunes employés de l’aile parlementaire qui ont décidé de partir dans la foulée de son départ et de son endossement sur les médias sociaux par Paul St-Pierre Plamondon (tiens, il existe encore, lui !), les appuis à la démarche de la députée indépendante sont minces. Trop minces pour créer le moindre tirant d’eau. Le plan est tout simplement mauvais. Avec comme résultat que Catherine Fournier risque de tomber dans l’oubli avant longtemps.