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Les libéraux refusent de dire s'ils laisseront Wilson-Raybould parler de nouveau

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AFP

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OTTAWA | Le comité parlementaire chargé de faire la lumière sur l’affaire SNC-Lavalin a repoussé sa décision de réinviter Jody Wilson-Raybould à témoigner au jour de dépôt du budget fédéral, soulevant aussitôt l’ire des oppositions.

«Ce qui est clair, c’est que l’opération de camouflage des libéraux se poursuit et que ceux-ci espèrent que ça va mettre fin à notre désir, et celui des Canadiens, d’entendre Mme Wilson-Raybould», a déploré le député conservateur Luc Berthold. 

Le comité permanent de la Justice était réuni d’urgence mercredi pour décider si l’ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould allait être appelée à témoigner de nouveau au sujet de l’affaire SNC-Lavalin. 

Après à peine une demi-heure de débat sur la motion conservatrice en ce sens, les membres majoritairement libéraux du comité ont coupé court aux discussions en ajournant les travaux. 

Les libéraux tiennent à ce que la question des prochains témoins potentiels à entendre, dont Mme Wilson-Raybould, soit étudiée mardi prochain, date qui avait déjà été proposée. 

Or, le budget fédéral sera déposé ce même jour. Les partis d’opposition accusent ainsi les libéraux de choisir ce moment pour tenir un débat en catimini et pendant que tous les médias seront occupés à couvrir le dévoilement du dernier budget fédéral avant la tenue des élections générales. 

«Les libéraux se cachent derrière des procédures», croit le bloquiste Rhéal Fortin. 

Le député libéral Francis Drouin, qui a proposé l’ajournement des travaux, rejette du revers de la main les accusations des partis d’opposition. 

«Le comité a déjà exprimé son désir, le 6 mars, d’avoir cette réunion-là le 19 mars. C’est aussi simple que ça», a-t-il dit. 

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Versions différentes

Mme Wilson-Raybould allègue avoir subi des pressions indues et soutenues de la part du bureau du premier ministre afin qu’elle intervienne pour éviter un procès criminel à la firme d’ingénierie montréalaise. 

L’ex-bras droit de Justin Trudeau, Gerald Butts, ainsi que le greffier du Conseil privé, Michael Wernick, ont présenté une tout autre version des faits, la semaine dernière, devant ce même comité parlementaire. 

Les conservateurs avaient alors déposé une motion visant à réentendre Mme Wilson-Raybould afin qu’elle puisse donner sa réplique. 

«Ce qui est arrivé aujourd’hui est dégueulasse», a commenté le néo-démocrate Peter Julian. «Considérant que les Canadiens veulent entendre l’ensemble de la vérité, c’est un manque de respect à leur égard», a-t-il indiqué.