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Les travailleurs de résidences privées veulent la parité

Ils réclament 1$ de l’heure d’augmentation sur trois ans

Face à la résidence Aviva, rue de Galais, à Québec, Marie-Anne Gilbert, vice-présidente du service aux membres du Syndicat québécois des employées et employés de service, a revendiqué de meilleures conditions salariales pour ses membres.
Photo Jean-François Desgagnés Face à la résidence Aviva, rue de Galais, à Québec, Marie-Anne Gilbert, vice-présidente du service aux membres du Syndicat québécois des employées et employés de service, a revendiqué de meilleures conditions salariales pour ses membres.

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Les travailleurs de résidences privées pour aînés revendiquent des conditions de travail équivalentes au secteur public et ils réclament 1 $ d’augmentation de l’heure par année durant trois ans.

Face à la résidence Aviva, rue de Galais, à Québec, Marie-Anne Gilbert, vice-présidente du service aux membres du Syndicat québécois des employées et employés de service, a revendiqué de meilleures conditions salariales pour ses membres.
Photo Jean-François Desgagnés

« Les travailleurs méritent mieux. Leur travail n’est pas reconnu à sa juste valeur et le taux de roulement est de 50 %. Il faut agir », a déclaré mercredi Marie-Anne Gilbert, vice-présidente du service aux membres du Syndicat québécois des employées et employés de service, affilié à la FTQ (SQEES).

Selon elle, les propriétaires de résidences privées pour aînés (RPA) « ont les moyens de payer convenablement leur monde ». Mme Gilbert pointe du doigt les gros joueurs qui appartiennent à des fonds immobiliers cotés en Bourse.

« Comment se fait-il que des organisations qui possèdent des milliards de dollars en capitalisation ne soient pas capables de payer décemment leur personnel ? C’est malheureux de voir ça. C’est le profit qui mène. C’est dur à comprendre », a-t-elle ajouté.

Du personnel sous-payé

« C’est inacceptable que des préposés aux bénéficiaires, qui assument des responsabilités comme distribuer des médicaments, reçoivent une rémunération à l’entrée de 14,68 $ l’heure, comme c’est le cas dans certains établissements privés. »

D’après le SQEES, les préposés en résidences privées ont davantage de responsabilités que ceux du secteur public.

« La clientèle est plus hypothéquée dans les résidences privées qu’il y a cinq ans. On a plus de cas de violence. On a plus de personnes qui souffrent d’Alzheimer. Les cas sont plus lourds qu’avant », a témoigné Carl Reinhardt, conseiller syndical.

« On travaille souvent en sous-effectif. Cela a un effet sur les travailleurs. Ils sont épuisés. Le taux d’absentéisme est élevé », poursuit Mme Gilbert.

Il n’est pas rare que les employeurs doivent faire appel à des agences pour combler leurs besoins avec les coûts que cela représente.

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Revendications

Face à cette situation, le SQEES demande un salaire d’au moins 15 $ l’heure pour les employés de résidences privées qui ont du rattrapage à faire, et une augmentation de 1 $ l’heure par année durant les trois prochaines années pour l’ensemble des métiers (préposés aux bénéficiaires, aides-cuisinières, employés de la buanderie, responsables de l’entretien ménager, serveuses aux tables, etc.).

Le Syndicat souhaite également obtenir l’indexation de la rémunération suivant les hausses du salaire minimum.

Selon la compilation de la firme JLR, on comptait 1837 résidences privées pour aînés au Québec en 2017. 87 % des résidents ont 75 ans et plus.

Mme Gilbert promet que la mobilisation s’accentuera au cours des prochaines semaines avec la multiplication des conventions collectives qui arrivent à échéance.