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Amour réciproque

Tommy Fleetwood et Keegan Bradley partagent la tête après 18 trous, à Sawgrass

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Photo AFP Tommy Fleetwood a apprivoisé les allées du Stadium Course, jeudi.

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PONTE VEDRA BEACH | Aime le parcours et le parcours t’aimera. Cette phrase ne s’applique pas tous les jours au golf. En lever de rideau du Championnat des joueurs du circuit de la PGA, jeudi, Tommy Fleetwood a démontré tout son amour au Stadium Course.

Les gardiens du TPC Sawgrass l’ont béni. Avec une impressionnante ronde d’ouverture de 65 (-7), l’Anglais partage la tête avec l’Américain Keegan Bradley.

Après un début de ronde plutôt tranquille marqué par quelques coups frustrants, le golfeur âgé de 28 ans, qui avait amorcé sa journée de travail sur le tertre du 10e, a ouvert la machine sur l’éreintante droite du retour. Sa patience l’a récompensé, d’autant plus qu’il a profité du vent qui se levait en fin de matinée. Il a placé ses meilleurs coups aux moments opportuns en se rappelant la règle : opter pour la précision.

Sans contredit, les fanions du troisième au huitième trou représentaient de véritables défis, dont le cœur est une suite de normales quatre ne laissant aucun répit. Il en a profité pour inscrire trois oiselets allées sur cette séquence, lui qui en a compté sept au total.

« J’adore ce parcours, et si on aime le golf, on aimera automatiquement ce terrain. Il est aussi juste que le test qu’il représente. Il y a des trous très difficiles, mais je frappais tellement bien des tertres de départ que j’étais toujours en bonne position.

« En frappant de bons coups, les chances apparaissent et cela signifie un bon pointage », a poursuivi le 13e joueur mondial qui n’a jamais savouré la victoire en sol américain.

Depuis l’an dernier, Fleetwood a multiplié les départs en Amérique du Nord, lui qui était plutôt actif sur le circuit européen auparavant. Il a donc gagné en expérience. Cette première consécration sur le circuit de la PGA ne saurait attendre.

« Depuis que je joue plus régulièrement aux États-Unis, je suis plus régulier. Je me suis amélioré. Il y a différents tests qui mettent mon jeu à l’épreuve. Une victoire, c’est clairement la prochaine étape à passer. Ce n’est pas facile. »

Fleetwood ne se fait pas d’illusion, il doit encore traverser la tempête. Une bonne première ne l’assure pas du titre. Le parcours peut montrer les dents, alors que le mauvais temps pointe à l’horizon dans les prévisions météorologiques du week-end.

Déclic en 2018

Bradley a souffert sur le Stadium Course au début de sa carrière. À sa huitième présence, l’an dernier, il a finalement percé le mystère et chassé ses démons en terminant au septième rang, son meilleur résultat à Ponte Vedra Beach.

« J’étais si inconfortable sur ce parcours. Je ne jouais pas bien et je ne m’y plaisais vraiment pas, a raconté le golfeur de 32 ans qui est tombé sous le couperet trois fois de suite. Ce n’était pas mon style de terrain. Et l’an dernier, j’ai bien fait. Cette fois, les conditions sont différentes. C’est le bon moment de l’année pour jouer ici. »

Bradley a oublié ses mésaventures en rondes finales la semaine passée à l’Invitation Arnold Palmer. « Aujourd’hui, c’est probablement la meilleure ronde que j’ai jouée cette saison », a précisé celui qui avait aussi signé une carte de 65 au Championnat du monde de golf au Mexique il y a trois semaines.

« Je ne me sens jamais aussi confortable sur un parcours habituellement, a poursuivi celui qui a enregistré une 19e ronde dans les “60” sur 37 rondes jouées cette saison. Ce terrain te rend vraiment inconfortable. Mais j’étais vraiment calme, donc avec ce sentiment, tout est possible. »

Bradley a calé six oiselets en plus d’un aigle, ce qui lui a permis d’effacer un boguey.

Rares exploits

Harris English et Ryan Moore ont réalisé les coups fumants de la première journée de compétition.

Le premier a inscrit un albatros sur la normale cinq de 539 verges du 11e trou. Dans l’allée à 235 verges de l’objectif lors de son deuxième, il a frappé sa balle à quelques pieds du fanion. Celle-ci a terminé sa course au fond de la coupe. Il s’agissait du 5e albatros dans l’histoire du championnat. L’an dernier, Brooks Koepka avait réalisé l’exploit au 16e drapeau.

Et Ryan Moore pourra se vanter à jamais d’avoir réussi un trou d’un coup sur l’iconique normale trois du 17e trou. Sur une distance de 122 verges, l’Américain a utilisé un cocheur d’allée à 54 degrés pour envoyer sa balle directement au fond du trou. Un « slam dunk » à la manière de Michael Jordan à l’époque dans la NBA !

En devenant le neuvième à réaliser ce rare exploit, Moore succède ainsi à Sergio Garcia qui était le dernier à avoir dompté l’intimidant 17e, dont le vert est une presqu’île.