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Au pays de Jean Lapierre

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Je reviens de ces îles qui, sur une carte géographique, forment un hameçon. Je parle du patelin du célèbre et regretté Jean Lapierre : les Îles-de-la-Madeleine. « Ça fera bientôt trois ans depuis l’accident », me faisaient remarquer les Madelinots.

Ça fera trois ans le 29 mars prochain que Jean Lapierre, son épouse, trois membres de sa famille, le pilote et le copilote de l’appareil perdaient la vie près de l’aéroport Havre-aux-Maisons. Dès que j’arrive, quelqu’un s’empresse de me mener au champ où la tragédie s’est produite. C’est devenu un lieu de mémoire. Le voyageur s’y recueille et médite sur la fragilité humaine et sur le Destin, auquel on ne peut rien...

Ma guide me fait aussi visiter la paroisse Saint-François-Xavier, à Bassin, le village natal de Jean Lapierre, où il a reçu les derniers honneurs. Les intempéries inondaient le cimetière. Mon défunt collègue a eu de la chance de provenir d’une patrie comme les Îles-de-la-Madeleine – patrie qu’il a toujours aimée et qui maintenant le lui rend bien. Une bibliothèque porte déjà son nom.

Diaspora

Baignées aux quatre vents, les Îles-de-la-Madeleine nous ramènent à l’époque de la Nouvelle-France. Au lendemain de la Conquête, les premiers habitants proviennent de Saint-Pierre-et-Miquelon. Après la déportation des Acadiens, ceux-ci viennent en nombre suffisant pour créer une population majoritairement d’origine acadienne.

Comme Verdunois, je connais bien les Madelinots. Ceux-ci sont aussi nombreux dans mon quartier natal (où se concentre leur diaspora à Montréal) que sur leurs îles d’origine !

Blanchons

Pourquoi venais-je aux Îles ? Pour voir les phoques et leurs blanchons ! Je vous parlerai de cette magnifique expérience dans mes chroniques touristiques du cahier Weekend au début d’avril.

Tempéré par les eaux du golfe du Saint-Laurent, le royaume des Madelinots ne s’avère pas aussi glacial qu’on pourrait le croire. Comme la chasse décline, on se réaligne vers un tourisme hivernal potentiellement très payant (et moins sanglant) pour venir admirer les « bébés phoques ».