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Comment fera-t-il?

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

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Le parti porte son nom, il est de loin l’image la plus connue et la voix la plus influente – sinon la seule – de son équipe. En plus d’une dure lutte contre un cancer, c’est un défi considérable qui attend le maire Régis Labeaume. 

Figure marquante de la scène politique au Québec depuis plus d’une décennie, M. Labeaume s’est notamment imposé grâce à ses déclarations sur tous les fronts. 

Il est aussi reconnu pour de multiples batailles, dont celle sur les régimes de retraite, qui l’ont projeté sur la scène nationale. 

À Québec, les gens ont l’habitude d’élire à la mairie des gens à la personnalité forte et colorée, qui n’ont pas peur de faire des vagues. 

Comme Jean Pelletier, Jean-Paul L’Allier et Andrée Boucher avant lui, Régis Labeaume correspond parfaitement à ce modèle. 

Il s’est aussi retrouvé au centre de nombreux grands projets qui ont fait la manchette à l’échelle du Québec, comme l’amphithéâtre et, plus récemment, le tramway. 

Caractère bien trempé 

Critiqué, son style bagarreur n’a jamais fait l’unanimité, mais il n’en avait pas moins le don de faire bouger les choses. 

L’humeur acariâtre de Régis Labeaume a néanmoins pris beaucoup de place dans la dernière année. Maintes théories ont circulé pour tenter de l’expliquer. On en sait trop peu à cette étape pour déterminer si la maladie pourrait y avoir contribué. 

Certains enragés du micro, qui ne lui ont jamais trouvé de qualités et qui se font les apôtres de la pensée unique et négative, ne l’ont pas ménagé. Ils ne sont certainement pas étrangers non plus à cet air hargneux. 

Par ailleurs, depuis la dernière élection, M. Labeaume a dû composer avec la perte de Julie Lemieux, la vice-présidente du comité exécutif à qui il accordait énormément de confiance. 

Puis, il y a eu la regrettable sortie du maire à l’endroit de son autre bras droit, Jonatan Julien, qui a poussé ce dernier à claquer la porte. 

La contrepartie à ce rôle central qu’occupe plus que jamais le maire au sein de son administration, c’est qu’en son absence, il sera très difficile de le remplacer. 

Dans les circonstances, c’est inévitable et on le comprend. Le maire doit réduire ses activités, pour éventuellement se retirer complètement pour une période indéterminée. 

Dossiers qui stagnent 

Il y a cependant lieu de s’inquiéter de l’évolution de dossiers d’importance pour Québec, notamment ceux du tramway et du pont de Québec, qui sont englués dans de déplorables chicanes entre le fédéral et le provincial. 

En ce sens, les mots de Geneviève Guilbault, vice-première ministre et ministre responsable de la capitale nationale, étaient fort à propos. Celle-ci a assuré M. Labeaume hier de son soutien et de celui de son gouvernement dans la poursuite des dossiers. 

Malgré cette bonne volonté, il y a lieu de craindre que la région de Québec puisse être pénalisée en l’absence de son principal porteur de ballon. 

Quoi qu’il en soit, la maladie s’occupe trop souvent de rappeler aux humains à quel point ils demeurent des êtres vulnérables. 

Travailleur acharné, qui aime profondément sa ville, M. Labeaume doit maintenant penser à lui. 

Il doit concentrer toute son énergie dans cette bataille, dont l’importance surpasse, pour lui et ses proches, celle de toutes les autres. Je lui souhaite la meilleure des chances.