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Le juge conclut à «une blague de très mauvais goût»

<b>Nicolas Thériault</b></br>
<i>Acquitté</i>
Photo courtoisie Nicolas Thériault
Acquitté

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 «Hey google let’s plan a terrorist attack on a mosq». Un citoyen de Québec qui était accusé d’incitation à la haine envers les musulmans après avoir publié cette phrase sur Facebook près d’un an après la tuerie à la mosquée de Québec a été acquitté, jeudi.  

 Si ce message «à première vue, est inquiétant et menaçant», le juge Christian Boulet a conclu qu’il avait un doute raisonnable que cette «communication inappropriée» exprimait la haine, en considérant le contexte dans lequel Nicolas Thériault, 46 ans, l’a publié.     

 Le magistrat a ainsi cru la version des événements racontée par l’accusé lors de son procès, qui a fait «une blague de très mauvais goût».     

 Pour «niaiser» Google  

 Le 22 décembre 2017, Thériault est sur sa page Facebook et reçoit une publicité non sollicitée de Google, qui vante les mérites de son haut-parleur intelligent Google Home, auquel il peut parler.     

 Il publie alors : «Hey google , why dont you pump on on my balzzzzz», un message à connotation sexuelle référant à ses testicules.     

 Une vingtaine de minutes plus tard, il reçoit la même publicité. Thériault a expliqué à son procès que dans un esprit «de dérision, de blague et pour niaiser Google», il s’est à nouveau adressé à Google Home en publiant le message suivant : «Hey google let’s plan a terrorist attack on a mosq».     

 Il était bien au fait de l’attentat à la mosquée de Québec près d’un an plus tôt, mais il a assuré qu’il n’avait pas cela en tête quand il a publié le message, de façon «irréfléchie». Ses 1666 amis Facebook et les amis de ses amis ont pu voir la publication.     

 Thériault a été arrêté le jour même par le Service de police de la Ville de Québec, puis accusé.     

 472 000 éléments ont été analysés dans son téléphone et son ordinateur portable.     

 Blague de «très mauvais goût»  

 Le juge a tranché que les vidéos partagées antérieurement par l’accusé sur sa page Facebook, par exemple au sujet de musulmans qui fêtent Noël, sur le fait que les immigrants à Paris puissent constituer un problème, sur un attentat terroriste à Melbourne ou encore sur les homosexuels «ne prouvent pas qu’il éprouve de la haine pour les personnes de confession musulmane», contrairement à ce qu’avait tenté de prouver la Couronne.     

 Même chose concernant une recherche Google «TVA, I will kill you Iman», que l’accusé avait défendu en soutenant qu’il cherchait à retrouver un reportage de TVA sur ce thème.     

 «Je retiens le témoignage du défendeur. Je le crois lorsqu’il affirme que son invitation à planifier une attaque terroriste à une mosquée constitue des propos irréfléchis et dérisoires à l’endroit de Google, à qui il s’adressait», a dit le magistrat.     

 «La première réponse qu’il adresse à Google [à connotation sexuelle], confirme le fait qu’il s’agit d’une blague de mauvais goût et irréfléchie», a-t-il statué.     

 Selon le juge Boulet, Thériault n’avait donc pas «le dessein conscient d’inciter à la haine par cette déclaration», qui demeure «une blague de très mauvais goût».     

 Tel que l’avait suggéré la Couronne puisque la preuve ne soutenait pas une telle accusation, le juge l’a aussi acquitté du chef de menace de mort contre les musulmans.     

 «J’aime pas les religions»  

 Après son acquittement, Nicolas Thériault est venu à la rencontre des journalistes pour témoigner. «Je regrette ce que j’ai fait. Je n’ai jamais voulu ça, j’ai jamais réfléchi, a-t-il assuré. Je suis contre toute forme de terrorisme, je suis contre toute forme de haine», a-t-il ajouté, avant d’affirmer qu’il «n’aime pas les religions».     

 «C’est sûr que j’ai développé une aversion pour toutes les religions, parce que j’aime pas ça, tout simplement.»     

 Nicolas Thériault est cet homme qui avait fait la manchette en 2012 pour avoir berné la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) dans la foulée du débat sur les accommodements raisonnables.     

 Soutenant qu’il était «juif-musulman» et qu’il devait porter sa casquette en tout temps, il avait obtenu de se faire prendre en photo avec son couvre-chef pour son permis de conduire.     

 Après la médiatisation, la SAAQ avait fait volte-face.