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L’arnaque des PPP : payant, payant. Mais pour qui?

L’arnaque des PPP : payant, payant. Mais pour qui?

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La folie furieuse des PPP

Comment le patronat, les élus et des universitaires et des chroniqueurs apparentés peuvent-ils à ce point endoctriner les gens afin de les soumettre? Ils font aussi en sorte que ceux qui s’opposent aux PPP sont des ignorants ou des syndicats de travailleurs ordinaires. Pourtant, par respect pour la population, à qui on demande de payer pour les imprévus, les fraudes, les extras, la collusion et la corruption, les gouvernements doivent immédiatement mettre fin à ce vol institutionnalisé comme cela s’est fait en France, en Grande-Bretagne et ailleurs. 

Pour vous montrer à quel point on rit de vous en pleine face, il n’y a pas mieux que de citer l’ex-ministre libérale Monique Jérôme-Forget qui a obligé Québec à faire appel aux PPP : « Finis les nids-de-poule avec les partenariats public-privé, prédit Jérôme-Forget » (La Presse, 8 octobre 2004). Il faut être illuminée pas à peu près pour larguer de telles sottises. Voilà, les avantages des PPP pour la population venaient d’être démontrés par madame Jérôme-Forget, retournée au privé après sa démission au parlement. Et afin de favoriser la privatisation de l’eau et des aqueducs, elle avait largué comme ça cette monstruosité : « L’eau de Montréal n’est pas de qualité égale à ce quoi on s’attend ailleurs, y compris aux États-Unis » (Le Journal de Montréal, 16 septembre 2003). Et afin de farcir la tête des citoyens encore une fois de faussetés, elle avait mentionné que des fonctionnaires incompétents avaient fait aboutir, dans leurs plans, le métro de Montréal vers Laval en plein milieu de la Rivière-des-Prairies. Et on l’appelait la dame de fer, celle qui avait une main de velours dans un gant de fer comme s’était aussi autoproclamée la vedette libérale Gertrude Bourdon, qui se voyait déjà ministre de la Santé et qui a toutefois fait patate. On l’a échappé belle. 

Tous des échecs en PPP

Déjà en 2010 : « CHUM et CUSM (accordés à SNC-Lavalin) : les PPP pourraient être plus coûteux. Erreurs de comparaison et dépassements de coûts, dit le vérificateur général. Conflit d’intérêts potentiel impliquant un ancien d.g. » (La Presse, 10 juin 2010). Et il y a eu tellement de dépassements de coûts, de corruption et de fraude que ces PPP sont considérés comme le plus grand fiasco au pays et la plus grande fraude (CUSM). « Méga-hôpitaux en PPP. Ça va coûter une fortune (à qui?) jusqu’en 2047 » (Le Journal de Montréal, 28 novembre 2018). La salle inutile de l’Orchestre symphonique de Montréal, encore réalisée en PPP par SNC-Lavalin, était censée coûter 105 millions $. Elle a coûté environ 300 millions $. Payant pour SNC sur le bras de la population : « Le budget de construction de la salle de l’OSM n’a plus de plafond dit Jérôme-Forget » (Le Journal de Montréal, 26 octobre 2008). Plus de plafond, donc plus de dépassements de coûts! Il fallait juste y penser. Encore en PPP : « Prolongement de l’autoroute 25. Québec devra payer 25 millions de plus, soit 232 millions $ au total » (La Presse, 17 avril 2009). Mais c’est une autoroute privée ou pas? Elle qui coûte déjà chaque jour très chère aux automobilistes. Alors, pourquoi c’est l’État, et non le concessionnaire privé, qui doit payer pour les suppléments de coûts? Et l’autoroute 30 privatisée en PPP, que vous me demandez? La joke continue : « 100 M$ de plus (pour Québec) pour l’autoroute 30 » (Le Journal de Montréal, 9 octobre 2008). Le gouvernement du Québec était rendu à 1.5 milliard $ versé en fonds publics pour cette autoroute privée. Cherchez la logique et les bénéfices pour la population? Mais ne disait-on pas (entre autres, madame Jérôme-Forget et l’Institut économique de Montréal) que le gros avantage des PPP est que c’est le privé qui prenait tous les risques et qu’il n’y aurait jamais d’extras à payer par l’État, une fois le contrat signé? Vous voulez continuer à rire et à faire rire de vous? Alors, lisez ceci : « Prolongement de l’A-30 en PPP. Québec (donc vous, nous) a versé 27 millions à des consultants » (Le Devoir, 19 novembre 2008). Les avocats, les comptables et les autres se font payer la traite comme dans : « PPP Payant pour Stikeman Elliot » (La presse, 15 novembre 2007). Et l’associé de ce gros bureau d’avocats qui a le culot de pondre dans La Presse du 4 juillet 2009 cette perle d’opinion : « Pourquoi se priver des PPP? » Et l’autre affairiste qui, toujours vous savez où, a l’honneur de parler des PPP (15 novembre 2014) dans sa rencontre avec l’éminent chroniqueur Jean-Philippe Décarie, et clame : « Pierre Pomerleau PDG de Pomerleau : «Sortir le Québec de l’inertie». Sortir de l’inertie et de l’immobilisme afin de se faire filouter, s’entend. 

La Presse et la propagande PPP

Je vous l’ai déjà dit. Power Corp., propriétaire dans les faits, malgré sa récente conversion en OSBL afin de recevoir des millions de l’État, est une transnationale immense qui directement ou indirectement, par le biais de compagnies apparentées, opère intensément dans le domaine des services publics (santé, pensions, électricité, éolien, autoroutes, etc.), dans celui du pétrole et du gaz et dans beaucoup d’autres secteurs. Alors, ai-je besoin de vous faire un dessin pour vous démontrez le fait indéniable que Power Corp. se sert de ses médias d’information (comme La Presse) comme organe de propagande afin de favoriser la privatisation de nos services publics et de nos ressources naturelles?

Juste pour les PPP, lisez les chroniques passées de Claude Picher, à droite toute, que Bernard Landry dit le progressiste, aimait bien : «Coup d’œil sur le partenariat public-privé» (19 juin 2003). Parole de Claude et de ses patrons, les PPP sont formi-formidables. Le paradis sur terre quoi. Une autre belle pondue par Claude : «Ces PPP qu’on aime tant haïr» (12 juin 2010). Il divaguait. Tout le monde aime les PPP. Et là j’espère que ce n’est pas moi qu’André Pratte, l’ex-éditorialiste en chef de La Presse, recyclé en sénateur, visait par cet éditorial? «Le CHUM et les chialeux» (31 mars 2009). Dans le cas des chroniqueurs et des éditorialistes, il ne faut pas dire que le jupon dépasse puisqu’il n’y a pas de jupon. Je n’ai jamais rencontré en personne André Pratte, Alain Dubuc (recyclé dans l’industrie du cannabis) et Claude Picher. J’aurais tellement aimé avoir leur autographe ou encore mieux un égoportrait avec eux. 

Marcel Boyer, un fantassin universitaire 

Marcel Boyer en a mené large professionnellement et a souvent été publié dans La Presse. Il a été professeur d’économie à l’Université de Montréal; titulaire de la Chaire universitaire Bell Canada (une autre chose financée par le privé); économiste en chef à l’Institut économique de Montréal (IEDM); fellow du CIRANO et présent sur des commissions gouvernementales du PLQ orchestrées pour vous programmer l’esprit dans le bon sens. C’est à la fois pathétique et amusant de lire dans La Presse du 13 juin 2009, une énième opinion émanant du professeur émérite intitulée : «Soyons courageux. Plus les ouvrages sont complexes, plus les avantages des PPP sont importants». Ayoye! Se faire «friponner» collectivement par des affairistes et leurs PPP c’est, pour ce domestique, faire preuve de courage. Et le 16 juin 2010, Marcel Boyer contre-attaque encore une fois dans sa Presse : «Trop compliqué pour nous? Les Français, eux, font confiance aux PPP hospitaliers». Vous m’en direz tant. 

L’universitaire biaisée et ses blancs de mémoire

Dans ces deux dernières merveilleuses opinions publiées dans La Presse, Marcel Boyer dissertait en long et en large sur le fabuleux PPP français du Centre Hospitalier Sud-Francilien (CHSF), un projet d’environ 2 milliards $ mis en chantier en 2006. Le monsieur a juste oublié de nous dire la suite de cette belle romance PPP : «Un mégahôpital en PPP (CHSF) tourne au fiasco à Paris». Ce texte du 26 novembre 2011 n’a pas été publié dans un journal communiste, mais dans le journal Les Affaires. Et que vois-je à cet effet dans le Journal de Montréal du 29 novembre 2018, écrit noir sur blanc : «En France, le Centre Hospitalier Sud-Francilien a mis fin à son PPP en 2014, moyennant une pénalité de 80 millions d’euros». L’hôpital a aussi repris à sa charge les coûts de construction. Malgré tout, on estimait épargner 900 M$ sur la durée totale de l’entente ». Ayons le courage de faire ici la même chose avec le CHUM et le CUSM donnés en PPP. Et une dernière, cette fois publiée dans le Journal de Montréal le 9 septembre 2018 : « La fin programmée des ruineux partenariats public-privé en Grande-Bretagne ». Un texte que je vous invite à lire. L’invitation est aussi lancée à Marcel Boyer.