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Parti québécois, un parti suicidaire

Triste semaine pour le mouvement souverainiste.

Catherine Fournier
Photo d'archives, Simon Clark Catherine Fournier

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Triste semaine pour le mouvement souverainiste. Jean-François Lisée le demande explicitement avec le titre de son livre : Qui veut la peau du Parti québécois? 

En regardant le passé récent du parti, en prenant pour exemple le départ de Catherine «la diva» Fournier et en repensant aux habitudes autophages de l’organisation, on ne peut offrir qu’une réponse à cette question. Qui veut la peau du Parti québécois? Le Parti québécois. 

Tendances autodestructrices 

C’en est devenu une blague en politique, le Parti québécois mange ses chefs. Chaque fois qu’un nouveau accède à la direction, il devient la cible des attaques sur tous les fronts et les tirs sont souvent des tirs amis. Il y a peut-être là l’une des raisons qui font que Véronique Hivon n’est pas encore revenue à la charge pour occuper le poste de chef du Parti québécois. 

Si cette habitude de pousser les chefs sous les roues du premier camion venu n’était pas suffisante, les élus du PQ sont aussi, bien souvent, ses pires ennemis. 

À cet effet, la sortie de Catherine Fournier, cette semaine, ne laisse personne indifférent. Fraichement élue sous la bannière péquiste, madame Fournier a non seulement claqué la porte du parti, mais elle a choisi de pratiquer la politique de la terre brûlée, ne laissant rien derrière elle. 

«À force de perdre, le Parti québécois est devenu perdant. Du même coup, il a aussi perdu beaucoup de sa pertinence.» Même si madame Fournier ose dire ici ce que plusieurs pensent tout bas, est-ce que c’était vraiment nécessaire? L’image est percutante, elle marquera les esprits, mais elle équivaut à frapper sur un homme à terre. C'est un peu cheap

Quand l’automutilation va trop loin 

Le Parti québécois, c’est en quelque sorte un adolescent troublé qui se cherche un avenir, mais ne cesse de se nuire à lui-même. 

Comme un jeune qui souffre profondément, le PQ n’arrive pas à prendre soin de lui-même, à se donner une chance, à se donner un break. Ses blessures, il se les inflige sans que rien ne puisse l’en empêcher. 

À force de se tirer dans le pied, le canard boiteux n’arrive plus à avancer. Comme un pauvre animal malade, il est devenu une proie facile pour les prédateurs. 

Pour ses opposants, le PQ constitue un divertissement à la fois constant et surprenant, une sorte de plaisir coupable. Chaque fois qu’on pense que l’histoire ne peut plus nous étonner, il survient quelque chose d’inattendu.  

Mais au point où les choses sont rendues, tout le monde commence à se sentir mal à l’aise face à une situation aussi pénible. On se demande parfois s’il faut vraiment encore s’opposer au PQ puisqu’il s’oppose déjà tellement bien à lui-même. 

Pour le parti de René Lévesque, les prochaines heures seront cruciales. S’il existe encore une mince chance que l’organisation survive, il faudra un miracle pour qu’elle s’en remette complètement. 

De leur côté, les libéraux devraient bien se garder de rire des déboires du Parti québécois. L’étoile libérale brille de moins en moins fort et le PLQ risque de se trouver dans une situation tout aussi périlleuse s’il ne se ressaisit pas rapidement.