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Pornographie juvénile: auteur et éditeur seront accusés

Un passage du roman controversé publié en 2017 dépeignait le viol d’une enfant de 9 ans par un homme

L’auteur Yvan Godbout et la maison d’édition appartenant à François Doucet sont soupçonnés d’avoir produit et distribué de la pornographie juvénile pour le passage d’un roman qui décrivait l’agression sexuelle d’une fillette.
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean L’auteur Yvan Godbout et la maison d’édition appartenant à François Doucet sont soupçonnés d’avoir produit et distribué de la pornographie juvénile pour le passage d’un roman qui décrivait l’agression sexuelle d’une fillette.

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Un écrivain et une maison d’édition de la Montérégie seront finalement accusés de production de pornographie juvénile pour un passage d’un roman à succès décrivant le viol d’une fillette.

Yvan Godbout, un auteur de 49 ans résidant à Québec, et Nycolas Doucet, le directeur général des éditions AdA de Varennes, ont été arrêtés par les policiers tôt jeudi matin, a appris Le Journal

Après avoir été interrogés par les enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ) une partie de la journée, ils ont été remis en liberté. Ils devraient être formellement accusés de production et de distribution de pornographie juvénile en avril.

M. Doucet a été interpellé en tant que représentant de la maison d’édition appartenant à son père François Doucet.

Une plainte

Cette saga remonte à janvier 2018 quand une enseignante de la Rive-Nord avait porté plainte à la police en raison d’un passage troublant du roman Hansel et Gretel, de la série Contes interdits

Dans le livre d’horreur, l’auteur décrit de façon très explicite un homme agressant sexuellement une fillette de 9 ans. 

Lancé en septembre 2017, l’ouvrage était en vente dans plusieurs magasins à grande surface, dont Costco et Walmart, et connaissait un certain succès. 

Le bouquin avait été retiré des tablettes dans la foulée de l’enquête policière menée par la SQ. 

Toujours en vente

Un dossier avait été soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) en février, mais il n’y avait eu aucune accusation jusqu’à maintenant. En avril, la maison d’édition avait même remis son livre en vente. 

« J’étais sous l’impression que c’était clos. C’est surréaliste comme situation. Ça commence à ressembler à de la censure », soutient l’ancien député de Verchères, Stéphane Bergeron, qui a utilisé les réseaux sociaux jeudi pour dénoncer la situation. 

L’ex-élu avait pris à cœur la controverse autour de l’entreprise de sa circonscription, allant jusqu’à questionner l’ancien directeur général par intérim de la SQ, Yves Morency, en commission parlementaire l’année passée. 

Celui-ci avait répondu que le corps policier répondait aux plaintes des citoyens et ne faisait pas de censure. 

Mis au courant des nouveaux développements par le propriétaire de la maison d’édition François Doucet, M. Bergeron dit se sentir impuissant devant la tournure des événements. 

L’éditeur a indiqué au Journal ne pas vouloir commenter la situation, sur les conseils de ses avocats. 

La version revisitée de Hansel et Gretel d’Yvan Godbout était toujours en vente jeudi sur divers sites de commerce en ligne notamment. 

Cette fois cependant, l’inventaire de livres a été saisi par les policiers durant la perquisition aux éditons AdA. 


►L’ouvrage était finaliste pour le prestigieux prix Aurore-Boréal en 2018 pour le roman de l’année.