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Un ingénieur forestier devra payer 11 000$ d’amendes

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Un ingénieur forestier de Matane a été blâmé parce qu’il a autorisé et demandé de l’aide financière pour des travaux sur des terres forestières dont il était lui-même propriétaire ou en voie de l’être, sans mentionner ce détail.

L’ingénieur forestier de longue date Harold Truchon n’a pas été prudent et s’est placé en situation de conflit d’intérêts.

Il a autorisé des travaux d’aménagements forestiers sur des lots boisés qui lui appartenaient ou qu’il s’apprêtait à acheter.

Ce qu’il signait permettait de demander de l’aide financière à l’Agence régionale de mise en valeur des forêts privées du Bas-Saint-Laurent pour aider à payer les travaux. Il a obtenu de façon illégitime 36 065 $.

Demande d’enquête

L’agence n’avait aucune possibilité de savoir que M. Truchon était le propriétaire des lots forestiers en question. C’est un ancien employé qui a fait la demande d’enquête.

« Les fautes commises sont importantes en raison du fait qu’elles sont en lien avec l’utilisation des deniers publics. Ainsi, le comportement de M. Truchon fait en sorte qu’il a pu illégitimement tirer des bénéfices de cette aide financière, alors qu’il n’aurait pas dû », peut-on lire dans l’argumentaire de la syndique adjointe de l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec, dans une décision récente du conseil de discipline.

Elle estime aussi que les travaux réalisés ont été faits pendant que d’autres producteurs forestiers conformes attendaient leur tour.

Infractions graves

Le conseil de discipline de l’ordre professionnel de M. Truchon a jugé que les infractions commises étaient graves. Il ne s’agissait pas d’actes isolés, mais de plusieurs documents signés de la main de l’ingénieur forestier. « Les gestes minent la confiance du public envers les ingénieurs forestiers », peut-on lire.

M. Truchon a admis ses erreurs et a affirmé en avoir perdu le sommeil.

Au moment des faits reprochés, de juin à novembre 2016, il était à l’emploi de la Société d’exploitation des ressources des Monts à Matane. Vérification faite, il y travaille toujours.

M. Truchon a soutenu au conseil de discipline qu’il n’avait tiré aucun avantage de son comportement, mais a admis que la situation « n’était pas acceptable ».

L’ingénieur forestier avait le droit d’être propriétaire de lots boisés et d’y faire des travaux. Seulement, il aurait dû faire appel à un autre ingénieur forestier.

« Dans cette affaire, les anciens propriétaires, mais aussi clients, ont été impliqués dans un procédé allant à l’encontre des règles [...]. Les propriétaires forestiers sont en droit de s’attendre d’un ingénieur forestier à des conseils indépendants et conformes », a indiqué Serge Pinard, syndic de l’ordre. En effet, Truchon a conseillé aux vendeurs de signer des prescriptions à titre de propriétaire, alors qu’ils ne l’étaient plus.

Il doit maintenant payer des amendes de 11 000 $ et a reçu six réprimandes.