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Bisbille entre les Mohawks et Oka

Un projet de développement immobilier près du territoire de Kanesatake sera bloqué à l’aide des tribunaux

Serge Simon
Photo collaboration spéciale, Stéphane Sinclair Le grand chef du conseil de bande de Kanesatake, Serge Simon, s’est montré déterminé à bloquer le projet résidentiel proposé par Gestion Benoît Dumoulin, à Oka.

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Oka | Deux ans après qu’un projet immobilier eut semé la bisbille entre les Mohawks de Kanesatake et la Municipalité d’Oka, un nouveau projet du même acabit sème la colère chez les Autochtones qui ne comptent pas se laisser faire.

C’est par la voix des tribunaux qu’ils entendent bloquer le projet de développement immobilier du promoteur Gestion Benoît Dumoulin, situé derrière la pépinière Armand Dagenais et fils, entre le poste de police de la Sûreté du Québec et l’entrée d’Oka, dans les Laurentides (voir la carte).

Pour le grand chef du conseil de bande de Kanesatake, Serge Simon, il n’est pas question que le projet, présenté en février, voie le jour.

« Dès qu’il y a un clou qui se plante dans un 2 x 4, on va chercher une injonction et on est prêt à se rendre jusqu’à la Cour suprême pour faire arrêter les travaux », a-t-il lancé en entrevue au Journal.

Vandalisme

M. Simon compte s’en prendre juridiquement à la Ville d’Oka et au promoteur ayant fait une offre d’achat aux propriétaires de la pépinière qui possède les 8,7 hectares de terrains revendiqués par les Mohawks et que souhaite développer Gestion Benoît Dumoulin.

Un autre développement immobilier avait avivé des tensions en juillet 2017 lors de la phase finale du projet lancé en 2006.

Des traditionalistes de la communauté de Kanesatake avaient commis des actes de vandalisme et avaient manifesté pour faire arrêter le projet, considérant qu’il était situé sur leurs terres ancestrales. Le projet avait finalement abouti.

La venue du nouveau projet a remis le feu aux poudres. Le grand chef Simon accuse la Municipalité de ne pas avoir été consulté. Il ne veut pas de nouvelle crise, mais dénonce le manque de collaboration du maire d’Oka, Pascal Quevillon.

« [Dans une transaction immobilière], le vendeur a l’obligation de dénoncer tout vice sur une propriété et le fait que ces terrains soient revendiqués par mon peuple en est un très gros », avance-t-il.

Vente de gré à gré

Le grand chef aimerait que la Municipalité bloque tout projet de développement à Oka tant qu’il n’y a pas d’entente entre le gouvernement fédéral et sa communauté sur les terrains qu’elle revendique.

Ces lots se trouvent sur l’ancienne seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes. Le fédéral négocie présentement une compensation financière puisqu’il reconnaît que ces terres auraient dû revenir aux Mohawks.

Rachat

Le Conseil de bande veut racheter des terrains dans la zone revendiquée pour agrandir son territoire afin de permettre le développement de sa communauté. Les négociations ne sont toujours pas terminées.

« C’est une vente de gré à gré, ce n’est pas un projet proposé par la Municipalité », a défendu au Journal le maire Quevillon.

Il affirme qu’Oka a besoin de ce projet économiquement et que ce genre de développement est nécessaire pour éviter une augmentation des taxes.

LE PROJET IMMOBILIER

Le secteur en jaune représente ce que compte développer le promoteur à l’entrée de la municipalité d’Oka, tout près du développement des Collines, qui a créé des remous il y a deux ans, autour du territoire autochtone de Kanesatake.
Photo courtoisie
Le secteur en jaune représente ce que compte développer le promoteur à l’entrée de la municipalité d’Oka, tout près du développement des Collines, qui a créé des remous il y a deux ans, autour du territoire autochtone de Kanesatake.

♦ Gestion Benoît Dumoulin n’a pas rendu nos appels.