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Enquête sur un rapport uniquement en anglais

L’Office national de l’énergie est sous la loupe

<b>Raymond Théberge</b><br /><i>Commissaire aux langues officielles du Canada</i>
Photo d'archives, Boris Proulx Raymond Théberge
Commissaire aux langues officielles du Canada

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OTTAWA | Le commissaire aux langues officielles a ouvert une enquête après la publication, uniquement en anglais, d’un important rapport de l’Office national de l’énergie sur un projet de pipeline, à la demande du Bloc québécois. 

Le parti souverainiste a interpellé le chien de garde des langues officielles après le dépôt, fin février, d’un volumineux rapport sur le controversé projet d’agrandissement de l’oléoduc Trans Mountain, dans l’Ouest canadien. Or, l’agence fédérale n’a pas pris le temps de traduire le document avant de le présenter à la population, comme le prévoit la loi.

L’omission a rapidement été relevée par les journalistes et le Bloc québécois. 

« Le commissaire aux langues officielles prend notre demande au sérieux », souligne en entrevue le député bloquiste Xavier Barsalou-Duval.

Pas le temps

Interrogé à ce sujet, l’Office assure avoir traduit le document « le plus rapidement possible dans les circonstances ». 

La version originale anglaise du rapport a été rendue publique le 22 février, alors que celle traduite dans l’autre langue officielle, le 1er mars, soit une semaine plus tard, selon une porte parte-parole, Chantal Macleod.

M. Barsalou-Duval rejette du revers de la main l’argument de l’Office : « Ce n’est pas une excuse qu’ils n’aient pas eu le temps, s’offusque-t-il. Ça démontre pour eux que les citoyens francophones sont des citoyens de deuxième classe. »

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Récidiviste

Le député Barsalou-Duval fait remarquer que ce n’est pas la première fois que l’Office ne respecte pas ses obligations linguistiques. 

« On commence à être un peu tanné, peste l’élu de la Rive-Sud de Montréal. Un organisme de juridiction fédérale a l’obligation de publier ses documents publics en français et en anglais. Ils sont clairement en contravention avec la loi, et ce n’est pas la première fois que ça se produit. »

« On sert les anglophones en premier et ensuite on sert les francophones si on a le temps, ça ne marche pas », poursuit-il.

Basé à Calgary, l’Office a reçu en 2015 les remontrances du commissariat aux langues officielles. À l’époque, l’agence avait publié des documents presque uniquement en anglais concernant le projet d’oléoduc Énergie Est. Depuis abandonné, ce projet de pipeline traversait plus de 800 cours d’eau sur plus de 600 km au Québec. 

Il semble que le gouvernement fédéral ait des difficultés à offrir un service bilingue à la population lorsqu’il est question de pipelines. Lorsqu’il a acquis l’oléoduc Trans Mountain au coût de 4,5 milliards l’été dernier, Ottawa a publié le contrat d’achat uniquement en anglais. Le fédéral a traduit le document après avoir été interpellé par le Bloc québécois.