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Kean a-t-il appris la leçon?

Simon Kean (à droite) affrontera un gaucher expérimenté en la personne de Rogelio Omar Rossi, demain. Les deux poids lourds ont posé pour les photographes, hier, en compagnie d’Antonin Décarie d’EOTTM.
Photo Pierre-Paul Poulin Simon Kean (à droite) affrontera un gaucher expérimenté en la personne de Rogelio Omar Rossi, demain. Les deux poids lourds ont posé pour les photographes, hier, en compagnie d’Antonin Décarie d’EOTTM.

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Simon Kean était de très belle humeur hier au Casino de Montréal. Vêtu de noir, aminci, en forme, il était tout sourire et passait d’un journaliste à l’autre en s’arrêtant devant les caméras avec une grâce de ballerine.

Une grosse ballerine, disons...

Simon Kean revient de loin. Il y a six mois, il était sur une lancée foudroyante et se dirigeait tout droit vers de grands combats lucratifs chez les lourds. Il a passé un bel été, s’est acheté un bateau, a eu bien du plaisir... pour finir gelé devant Dillon Carman en moins de quatre rounds.

Le grand Grizzly s’est réfugié dans les bois près de La Tuque. Puis, il est allé s’écraser en Floride pour se reposer, récupérer et essayer de voir dans sa tête ce qui s’était passé.

« Avant, j’étais rendu que la boxe était un travail. C’est redevenu une passion. Même à l’entraînement, j’ai hâte de foncer vers le sac, je me sens comme un lion quand vient le temps de faire du sparring. J’ai hâte au signal pour le début du round », racontait-il hier.

On va savoir demain. Jusqu’à 22 heures, ce ne sera toujours que des paroles. C’est quand Rogelio Omar Rossi, un expérimenté gaucher d’Argentine aura placé ses premiers coups qu’on va savoir si Kean a enfoui très loin en lui les effets de son knock-out contre Carman.

« Je suis certain que ça va aller. J’ai fait du sparring avec Makhmudov et ç’a joué dur. Il est cochon dans un ring et à un moment donné, on s’est retrouvés au sol tous les deux comme si c’était de la lutte. J’ai resserré ma défensive et je suis prêt à reprendre ma route », a dit Kean.

Une vedette avant la performance

Son promoteur, Camille Estephan, a peut-être eu la meilleure analyse. Il avait investi argent et efforts dans son gros poids lourd. Qu’on se rappelle qu’avant le combat contre Carman, son futur adversaire au gala de Rimouski attendait dans une loge du Centre Vidéotron.

« Simon était devenu une grosse vedette au Québec. Il est sympathique, volubile et foncièrement affable. La télévision et les médias se l’arrachaient. Je pense qu’à un moment donné, il s’est plus concentré sur son rôle de vedette, qu’il adorait, que sur la performance que doit livrer un boxeur sur sa montée », affirme Estephan.

Et David Lemieux ?

On va avoir droit à 13 combats présentés dans deux galas samedi. La finale de l’après-midi mettra en vedette l’énorme Russe Arslanbek Makhmudov.

Le géant a six victoires chez les pros... obtenues en sept rounds en tout et partout. Épeurant. Il va affronter un bon boxeur, Avery Gibson de Los Angeles. Le même Gibson avait fait la limite avec Simon Kean. On va pouvoir comparer.

Même si TomTom (mon p’tit chien) n’a pu assister à la conférence de presse, l’ambiance était chaleureuse. Il manquait de gros noms comme David Lemieux, Steven Butler et Erik Bazinyan. Les trois sont évidemment réservés pour le Cinco de Mayo à Las Vegas. Le soir du 4 mai, Canelo Alvarez va affronter Daniel Jacobs. C’est à 95 % certain que David Lemieux fera la demi-finale et que les deux autres boxeurs d’EOTTM défileront sur le ring de Las Vegas. « Je dis 95 % parce que je n’ai pas encore reçu les contrats signés par l’autre partie. Mais nous nous sommes entendus », s’est contenté d’expliquer Camille Estephan.

La guerre du 15 juin

Martin Tremblay, le grand patron de Gestev et du Centre Vidéotron, s’est retrouvé dans une situation pour le moins difficile. Le 15 juin, Camille Estephan et Roger Lavergne, son partenaire à Shawinigan, ont déjà confirmé la présentation d’un gala au centre Gervais Auto. S’il gagne demain soir, c’est Simon Kean qui fera les frais de la finale.

D’autres soirées étaient à l’ordre du jour à Québec avec Gestev en 2019.

Mais voilà que Martin Tremblay aurait prévenu Estephan que le réseau ESPN, Top Rank et Yvon Michel réservaient la soirée du 15 juin pour le retour d’Eleider Alvarez après sa défaite contre Sergey Kovalev. C’est L.P. Guy qui avance cette information depuis plus d’une semaine.

Furieux

Pas besoin de vous dire que Camille Estephan était furieux hier. Il a d’abord refusé d’émettre tout commentaire que ce soit avant de dire que si c’était le cas, si Gym et Martin Tremblay allaient de l’avant, ça serait interprété comme une déclaration de guerre.

« De toute façon, tous mes boxeurs originaires de Québec se battront à Shawinigan ce soir-là. Les amateurs de boxe choisiront, mais on parle d’un manque de respect total envers ceux qui font vivre le sport », a-t-il dit.

« Nous sommes impliqués avec TVA Sports et ça fait deux mois que cette date est confirmée dans les médias », a-t-il ajouté.

Malgré certains petits coups fourrés, Gym et Eye of the Tiger Management, les deux organisations québécoises, essaient de respecter les dates réservées pour leurs galas. Pour l’instant, seule EOTTM a payé les frais à la Régie pour réserver le 15 juin.

Cependant, en fin de soirée, on apprenait que les efforts de Martin Tremblay et d’Yvon Michel pour trouver une autre date que le 15 juin pour ESPN avaient porté leurs fruits. Il semble que le réseau ESPN et le Centre Vidéotron ont pu s’entendre sur une autre date pour Alvarez.

Ce serait tant mieux. Les gens sont intéressés par le retour d’Alvarez et par le gala de Shawi, haut en couleur et en plaisirs.

On va en savoir plus aujourd’hui.