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Le mauvais film des souverainistes

Catherine Fournier
Photo d’archives, Simon Clark Catherine Fournier

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Dans leurs multiples chicanes, les souverainistes argumentent et pérorent pour savoir qui a raison ou tort. Nous en avons vécu tout un épisode cette semaine avec le départ de Catherine Fournier. Collectivement, ils semblent avoir perdu de vue le portrait d’ensemble, ce que le public reçoit comme spectacle.

Le film qui est présenté aux électeurs est une épouvantable comédie dramatique. Des gens qui se disent porteurs d’une cause infiniment plus grande que les individus, mais dont les états d’âme personnels semblent tout dominer. Ça démissionne, revient, retourne, crée un nouveau mouvement. Ce que la population y voit, c’est une scène du genre des bagarres générales contre les soldats romains dans Astérix.

Discipline !

Énormément d’agitation pour fort peu de contenu. C’est ce que je retiens de cette nouvelle semaine dérisoire. Surtout un mot ne semble pas exister dans le vocabulaire péquiste : la discipline. La discipline !! LA DISCIPLINE !!! Un ingrédient essentiel pour les partis politiques gagnants, pour les entreprises à succès comme pour les grands championnats sportifs.

Prenons le cas du Bloc québécois et du Parti québécois. Que ça leur plaise ou non, les deux ont des destins liés. Quand l’un d’eux fait des frasques, la population y voit le film du « mouvement souverainiste » qui s’automutile. Et ça enlève le goût de leur donner notre vote.

S’autodétruire

Repensons à la dernière année. Pendant que le Parti québécois tentait péniblement de se préparer à la dernière campagne, le Bloc québécois nous a donné des scènes parmi les pires de l’histoire politique moderne. Des démissions en direct à la télé, Martine Ouellet qui s’accroche jusqu’à être mise dehors par ses membres. Un vaudeville qui a duré des mois.

Dans son livre, Jean-François Lisée en parle comme d’une tare à sa précampagne : « ... la bisbille au sein de notre parti cousin, le Bloc Québécois, a renforcé l’idée que les souverainistes étaient en conflit permanent ». Aucun doute dans mon esprit que les embardées du Bloc ont nui sérieusement au Parti québécois.

Et maintenant, quoi ? Alors que c’est au tour du Bloc québécois d’aller faire face à l’électorat, le Parti québécois fait à son tour ce qu’il faut pour les saboter. Au moment où Yves-François Blanchet redonne au Bloc un certain élan et tente d’en rebâtir la crédibilité, le PQ vient de lui mettre une semaine horrible dans les pattes.

C’est à qui donnerait le plus grand coup de couteau dans le canot gonflable de l’autre. L’œuvre collective de gens, tous individuellement convaincus d’avoir raison sur l’argutie du moment, mais ayant perdu le sens de l’orientation.

Faut-il rappeler que le PQ ne nous propose rien de moins que de bâtir un pays. Il s’agit d’une énorme corvée, d’une tâche historique qui ne puisse être confiée qu’à des gens hautement fiables. Sérieusement, si vous voyez une gang de bozos se chicaner sur le sens des planches en construisant un cabanon, allez-vous leur confier la construction du prochain stade des Expos ?