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Les Mohawks stoppent un projet immobilier

Le maire d’Oka et le promoteur sont très déçus

Le grand chef du conseil de bande de Kanesatake Serge Simon se réjouit de ne pas avoir à se battre devant les tribunaux.
Photo collaboration spéciale, Stéphane Sinclair Le grand chef du conseil de bande de Kanesatake Serge Simon se réjouit de ne pas avoir à se battre devant les tribunaux.

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OKA | Le promoteur qui souhaitait réaliser un projet résidentiel à Oka jette l’éponge en raison des ­menaces de poursuite judiciaire des Mohawks de Kanesatake, un mois après avoir présenté son projet à la municipalité.

Gestion Benoit Dumoulin (GBD) Construction a fait savoir vendredi par écrit à la municipalité d’Oka qu’elle retirait son projet de développement immobilier, et par conséquent qu’elle ne se portait plus acquéreur du terrain de la Pépinière Dagenais et Fils qui se trouve à l’entrée du village d’Oka.

La compagnie comptait se porter acquéreur d’un terrain de 8,7 hectares situé à l’entrée du village pour y construire 165 maisons.

Déçus

« Nous sommes déçus, mais nous respectons les revendications de la communauté mohawk de Kanesatake », a fait savoir Mélanie Letarte, directrice du développement des ventes chez Gestion Benoit Dumoulin.

Pour sa part, le maire d’Oka était aussi déçu et plutôt amer. « Il y a de nombreux citoyens qui en ont vraiment assez », affirme Pascal Quevillon.

M. Quevillon s’était montré très réceptif au projet, comptant sur les taxes municipales générées par le développement pour faire face aux dépenses accrues de la petite municipalité de près de 5000 âmes.

Promoteur respectueux

Le chef du conseil de bande de la réserve de Kanesatake était très heureux d’apprendre la nouvelle, vendredi.

« Excellent ! Si tout le monde était aussi respectueux envers nous que Gestion Benoit Dumoulin, on serait peut-être plus avancés dans la réconciliation », s’est exclamé Serge Simon.

En février dernier, la CBD Construction a présenté son projet de développement immobilier comprenant 72 maisons jumelées et 93 maisons isolées. Le Domaine du calvaire devait se retrouver entre le calvaire d’Oka et le petit village des Laurentides.

Terres revendiquées

Or, les terrains de la région sont revendiqués par la communauté mohawk qui estime s’être fait voler les terres aux 18e et 19e siècles par les sulpiciens. Le gouvernement fédéral, qui reconnaît l’injustice, négocie présentement une compensation. Une offre de 128 millions $ est d’ailleurs sur la table à cette fin.

La communauté mohawk a vite fait connaître son mécontentement dès ­l’annonce du projet au début février. Le grand chef, Serge Simon, reprochait au promoteur et à la municipalité de ne pas l’avoir consulté.

Un autre projet résidentiel, celui-là situé juste à côté, le secteur de la Colline, a également créé des tensions entre les deux communautés en 2017 et 2018.