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L’e-sport a-t-il vraiment besoin des Jeux olympiques?

Les compétitions de jeu vidéo ne seront pas inscrites à un programme des Jeux olympiques avant l’édition 2028 à Los Angeles

L’e-sport a-t-il vraiment besoin des Jeux olympiques?
Joël Lemay / Agence QMI

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L’entrée de l’e-sport aux Jeux olympiques semble avoir du plomb dans l’aile, mais la folle croissance de la discipline soulève la question: l’e-sport a-t-il vraiment besoin des Jeux olympiques? 

«La NBA n’a jamais eu besoin du Comité international olympique pour devenir la plus grande Ligue de basket au monde», fait remarquer Maurizio Barbieri, responsable des partenariats sportifs de Twitter en Asie du Sud-Est, à l’occasion du Sportel Asia organisé la semaine dernière à Macao. 

Barbieri va même plus loin en se demandant si ce ne sont pas les Jeux qui auront un jour besoin de l'e-sport, et non l’inverse. «Je pense que ça serait merveilleux pour les Jeux olympiques d’inscrire à leur programme l’e-sport, parce que ça leur permettrait d’attirer l’attention d’un nouveau public qui autrement pourrait s’en détourner», estime-t-il. 

Les compétitions de jeu vidéo ne seront pas inscrites à un programme des Jeux olympiques avant l’édition 2028 à Los Angeles, après avoir vu leur candidature pour ceux de 2024 qui auront lieu à Paris rejetée au profit du breakdance, du skateboard, du surf ou de l’escalade. 

Faisant fi d’une hypothétique inscription un jour aux Jeux, la folie pour cette discipline ne cesse de croître chaque jour davantage. 

Plus particulièrement en Asie du Sud-est, à tel point qu’il est devenu le sport numéro 1 en Corée du Sud, où cette discipline a même dépassé le cadre de la compétition pure pour devenir un phénomène de société avec des joueurs professionnels élevés au rang de stars. L’e-sport sera d’ailleurs une discipline à part entière aux Jeux asiatiques de 2022 en Chine. 

Et Les commanditaires s’investissent de plus en plus dans le secteur, dont l’expansion semble inexorable. Le géant américain de l’équipement sportif Nike vient d’annoncer fin février la signature d’un contrat avec la League of Legends Pro League (LPL) en Chine, un championnat à l’échelle nationale rassemblant seize équipes. 

La revanche des gameurs 


À la suite de ce contrat, d’une durée de quatre ans, les joueurs de la LPL porteront des maillots et des survêtements entièrement dessinés et floqués par la marque à la virgule. 

«Ça fait deux-trois ans que l’e-sport a fait son entrée dans la culture mainstream (...) mais l’annonce de Nike a provoqué un énorme élan d’enthousiasme de nos fans, et le buzz qu’elle a généré a surpris tout le monde», a affirmé Philip So, le patron de League of Legends, l’un des principaux jeux vidéo créé par le studio de développement Rio Games. 

Les adeptes des jeux vidéo sont désormais fiers de s’identifier comme «gameurs», a-t-il ajouté, soulignant que le développement du esport avait émané de la base. «C’est un changement total de paradigme. C’est un peu la revanche des gameurs.» 

L’Europe a emboîté le pas à l’Asie et Adidas, Mercedes et BMW font désormais partie des grandes entreprises du Vieux continent à être entrés dans la danse. 

Le géant américain de la restauration rapide, McDonald, a lui lâché son partenariat avec l’équipe nationale d’Allemagne de football pour se concentrer sur l’e-sport. 

Et selon une note de la banque d’investissement américaine Goldman Sachs datant d’octobre dernier, l’e-sport atteindra les 300 millions de téléspectateurs en 2022, une audience comparable à celle de la NFL, la Ligue professionnelle de football américain. 

De quoi s’assurer un avenir doré, avec ou sans les Jeux olympiques.