/news/currentevents
Navigation

Une horrible mise en scène

Coup d'oeil sur cet article

Le Journal s’est entretenu avec Maxime Fiset, un ancien skinhead néonazi qui a participé à un documentaire sur l’extrémisme au Québec. Après avoir retrouvé le droit chemin, ce dernier est aujourd’hui chargé de projet au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence.

Comment interpréter cet attentat ?

Avant de parler d’une montée de l’extrême droite, on doit dire qu’il s’agit d’un acte isolé dans ce pays. Oui, il pourrait y avoir des conséquences ici parce que le manifeste du terroriste cherchait à inciter ses camarades à l’imiter et à déclencher des hostilités contre les musulmans et les envahisseurs non blancs.

L’auteur présumé du massacre aurait inscrit le nom d’Alexandre Bissonnette sur ses armes. Que faut-il en comprendre ?

J’ai réagi en me disant : « Oh, non ! Ça recommence. » J’ai écouté toute la vidéo et j’ai lu tout le manifeste. Sa mise en scène était totale et il avait même choisi la musique. Ça m’a bouleversé et j’en suis traumatisé. C’est atroce.

Que faut-il comprendre de la diffusion en direct ?

C’est quelque chose qui était quand même facile à voir venir à l’ère où c’est si courant et si facile. Pour un terroriste qui cherche à inspirer d’autres actes terroristes, c’est une tentation sans nom et ça finit par arriver. Il y a de fortes chances que le prochain fasse la même chose. Avec l’efficacité de la diffusion, j’ai peur que ça s’accélère.

Est-il souhaitable de ne pas diffuser le nom du tireur ?

Oui, j’ai fait un effort pour ne pas mémoriser le nom du tueur. Je ne veux pas me souvenir de son nom, seulement de ce qu’il a fait. Je veux que son nom disparaisse pour lui enlever la notoriété qui vient avec. On sait aussi que le terroriste d’extrême droite devient martyr au sein de sa communauté.

Le nombre de victimes est-il important pour les terroristes potentiels ?

C’est sûr que pour eux, c’est comme un tableau de chasse. C’est une sorte de plaisir malsain. Il y en a qui se félicitent.