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Être une mère en affaires

Alexandra Pagé a créé Glup Bébé qui fabrique des vêtements pour bébés et enfants depuis 2008

L’entrepreneure Alexandra Pagé dans sa boutique à Lachine en banlieue de Montréal.
Photo Pierre-Paul Poulin L’entrepreneure Alexandra Pagé dans sa boutique à Lachine en banlieue de Montréal.

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Alexandra Pagé fait partie d’une catégorie d’entrepreneurs de plus en plus répandue : les mamanspreneures (ou mompreneurs), qui se lancent en affaires pour mieux concilier travail et famille.

Elle était en congé de maternité de son deuxième enfant lorsqu’en 2008 elle a décidé de fonder son entreprise, Glup Bébé, qui fabrique des accessoires et des vêtements pour bébés et enfants.

Elle qui avait travaillé pendant plusieurs années comme productrice déléguée en télévision avait fini par trouver que le boulot prenait une place centrale dans sa vie au détriment de sa famille.

« Les heures sont longues et les horaires irréguliers dans ce domaine. Me lancer en affaires était un moyen pour moi de mieux gérer mon temps », explique Alexandra Pagé qui s’est associée avec sa sœur Isabelle dans cette aventure.

Partir du Sous-sol de la maison

Pour rester le plus près possible de ses enfants, elle a démarré son entreprise dans le sous-sol de sa maison. C’est là que les premières collections ont été dessinées et fabriquées. Le succès ne s’est pas fait attendre. Une participation au Salon Maternité Paternité Enfants a contribué à faire connaître la marque qui a plu à la clientèle.

L’idée derrière Glup : offrir des produits qui sont conçus pour être utilisés de plusieurs façons et qui sont évolutifs.

« Il y avait un besoin dans le marché pour des vêtements qui pourraient grandir avec l’enfant. Nos produits sont ajustables et peuvent donc être portés longtemps. Ils doivent aussi avoir plus qu’une fonction », explique Alexandra Pagé.

Fabriqués au Québec

Un des produits vedettes de Glup, c’est la cagoule qui recouvre à la fois la tête, le cou et les épaules de l’enfant. Alexandra Pagé a découvert cet accessoire lors d’un voyage en Suisse avec son fils Axel, qui avait huit mois à l’époque. Elle en a aimé le côté pratique et durable.

« Lorsque j’ai démarré l’entreprise, j’ai voulu la recréer. » Il lui a fallu près de deux ans de travail pour la mettre au point. Depuis, le concept a évolué et la cagoule est maintenant munie d’un protège-nez. « Je m’appuie beaucoup sur ma propre expérience de mère pour adapter les produits afin qu’ils répondent toujours mieux aux besoins des enfants et des parents. »

Les produits de Glup, qui sont entièrement fabriqués au Québec, sont vendus en ligne en plus d’être distribués dans des boutiques spécialisées et quelques grandes chaînes. À l’automne 2016, Alexandra Pagé a aussi décidé d’avoir pignon sur rue et a ouvert une boutique à Lachine. En plus de sa gamme de produits, elle y offre des créations d’artisans québécois, des jeux, des jouets, etc.

« On était rendu à l’étroit dans le sous-sol de la maison, il nous fallait plus grand pour développer l’entreprise. De plus, grâce au contact direct avec la clientèle, la boutique devient un véritable laboratoire pour trouver de nouvelles idées de produits. »

Un équilibre à préserver

Dès le départ, Alexandra Pagé a eu la piqûre de l’entrepreneuriat.

« Être son propre patron, ça n’a pas de prix. Même si je ne compte pas mes heures, j’ai une plus grande liberté quant à mon horaire de travail. J’ai gagné en qualité de vie. Ma priorité, c’est de maintenir cet équilibre », raconte la femme d’affaires.

Somme toute, son métier de productrice l’a bien préparée à son nouveau rôle d’entrepreneure.

« Au lieu d’un concept à mettre en ondes, j’ai des produits à mettre en marché. Mon expérience m’a beaucoup servi. »

En 2014, elle a racheté les parts de sa sœur qui avait d’autres projets professionnels. Maintenant seule à mener la barque, elle a senti le besoin de s’entourer d’un mentor. « Il me manquait le côté échange d’idées. Le commerce de détail a profondément changé, on n’a pas d’autre choix que de s’adapter. Avec mon mentor, je peux penser tout haut et avoir une opinion extérieure et objective. »


UNE DE NOS MEILLEURES DÉCISIONS

« Ouvrir ma boutique. C’est là que je m’amuse le plus. Je m’y vois pour longtemps ! J’aime le contact avec la clientèle. »

UNE DE NOS PIRES DÉCISIONS

« Toutes les fois où je me suis dit : “J’aurais donc dû m’écouter !” Ne pas me fier à mon instinct m’a joué des tours quand, par exemple, j’ai fait un choix de fournisseur ou d’une stratégie marketing que je ne sentais pas. J’ai appris avec le temps à me faire plus confiance et à croire en mes capacités. »

Son parcours

  • Alexandra Pagé, 44 ans
  • Baccalauréat en communications, Université Concordia, 1995
  • Productrice déléguée, TVA Productions, 2001 à 2008
  • Cofondatrice de Glup Bébé, 2008