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Télé, ados et sexualité: 11 séries osées d’ici et d’ailleurs

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Au Québec, la plupart des productions visant un public adolescent sont tellement timides côté sexualité qu’elles finissent par plaire davantage aux 10-12 ans. Or, les adolescents qui arrivent au secondaire sont capables d’en prendre, surtout avec l’omniprésence des réseaux sociaux.

► Cotes sur 5 illustrant le contenu abordant la sexualité sans pudeur, accordées par des jeunes de 13-14 ans.

 

Au Québec

Le chalet

► Cote : 1/5

Photo courtoisie, Vrak

Une des émissions les plus populaires de Vrak. Les jeunes aiment y retrouver leurs vedettes préférées, dont Sarah-Jeanne Labrosse et Pier-Luc Funk. On y suit des tranches de vie d’amis qui partagent un chalet près des pentes de ski. Ici, Sarah fréquente Charles, Cath sort avec Antoine, Lili avec Max, et Franck avec Will. De grands thèmes existentiels y sont abordés, comme la fidélité, le deuil, l’homosexualité, l’anxiété, le choix de carrière, le mensonge et l’engagement. On ne s’étend pas sur la sexualité ou les grandes démonstrations d’amour.

Jérémie

► Cote : 2/5

Photo courtoisie, Vrak

Pendant qu’ils travaillent comme sauveteurs dans une base de plein air, Jérémie, Olivier, Raphaëlle, Thomas, Maxime et Camille doivent cohabiter. Plusieurs histoires d’amour naissent et meurent. Jérémie est pris au cœur d’un triangle amoureux, Maxime perd sa virginité, Thomas trompe sa blonde trop possessive, Camille multiplie les aventures sans lendemain... Dans cette série de Vrak, la sexualité est abordée sous plusieurs angles avec délicatesse et pudeur.

Fugueuse

► Cote : 4,5/5

Photo courtoisie, TVA

Dans une série traitant de prostitution, il était inévitable qu’on entende parler de sexualité. Pourtant, certaines scènes ont choqué les téléspectateurs. Dans Fugueuse, Fanny mène une vie sexuelle saine avec son amoureux, Fred, jusqu’au jour où elle succombe au charme de Damien, un wannabe chanteur qui la pousse vicieusement à se faire des clients pour financier sa carrière. Si la série s’adressait à un grand public, elle a réussi à rallier beaucoup de jeunes étant donné la véracité des scènes. Ici, on ne craint pas pour la pudeur des comédiens. On fait dans le vrai. Des fesses, des seins, de l’amour plus doux ou complètement défoncé. De la séduction et de la peur aussi. TVA rediffusera la série dès mercredi.

L’Académie

► Cote : 2,5/5

Photo courtoisie, illico

La trame de base de cette série du Club illico et TVA ? Trois meilleures amies déçues de l’amour font le pacte de ne pas tomber amoureuses. Mais quand les garçons font leur entrée au collège initialement réservé aux filles, ça change un peu la donne. L’Académie dépeint assez bien la maladresse des rapports entre filles et garçons à l’adolescence. On est dans la découverte de l’autre et le désir d’être remarqué et aimé. Ici, Agathe est plus entreprenante. Elle couche avec Clément en cachette des surveillants. Wendy est ouvertement homosexuelle, mais sa flamme, Scarlett, n’est pas certaine de son orientation. Théo n’a jamais fait l’amour. Même chose pour Marie, qui espère que ce sera aussi romantique que dans les films.

Clash

► Cote : 1,5/5

Photo courtoisie, Vrak

Cette quotidienne de Vrak explore la réhabilitation de jeunes victimes d’accidents. Évidemment, la perte d’autonomie ou les séquelles de certains personnages suscitent des craintes par rapport aux ambitions, mais aussi aux rapports affectifs. Parmi ces jeunes, Arielle se retrouve enceinte et Jasmine est aux prises avec des crises de jalousie. La sexualité est parfois abordée dans la vie de ces ados de 16 ans en reconstruction.

 

À l’étranger (diffusées sur Netflix)

Les séries américaines dressent généralement un portrait idéalisé de la sexualité. On mise sur le sex appeal, la séduction. Les personnages, même ados, ont une vie sexuelle active. Ça s’inscrit dans les valeurs pour être cool. D’un autre côté, les séries européennes, britanniques notamment, sont plus crues. On y est plus à l’aise avec la nudité. Il y a moins de tabous, moins de censure. On aborde de front une sexualité plus sombre, l’absence de consentement, le sexe comme une obligation d’acceptation, etc. Nous sommes dans l’ère du Teen Drama, un genre en pleine expansion et déjà très présent sur les plateformes d’écoute en continu.

Sex Education

► Cote : 5/5

Photo courtoisie, Netflix

Si vous êtes le moindrement puritains, cette série pourrait vous choquer, bien qu’elle soit pleine d’humour et d’autodérision. Dès la première scène, on y voit deux ados baiser bruyamment dans la chambre juste au-dessus­­­ des parents. Cette série britannique, offerte sur Netflix depuis trois mois, est brillante. Et les critiques de partout sont dithyrambiques. Crue, sans détour, sans censure, proche des préoccupations réelles des ados dans leurs relations affectives et sexuelles et loin des clichés. Otis, un garçon timide, ouvre, avec Maeve, une jeune excentrique indépendante, un cabinet de sexologie dans une toilette désaffectée de l’école pour répondre aux inquiétudes des autres élèves.

Riverdale

► Cote : 4/5

Capture d'écran

Inspirée des comic books de notre jeunesse, la version télé a évincé tout leur côté aseptisé. Ici, Archie baise avec sa prof de musique avant de tomber amoureux de Veronica, avec laquelle il fait l’amour presque dans chaque épisode, même s’il est passé à deux doigts de mourir ou qu’il a été battu. Jughead et Betty sont aussi très actifs, même si une créature meurtrière leur court après. Et que dire de Cheryl et Tony, qui frenchent à tour de bras ? Sans être explicite, la sexualité est bien présente à Riverdale.

Skins

► Cote : 4/5

Photo courtoisie

Cette série britannique a été l’un des premiers Teen Drama à aborder de front des questions sexuelles dès 2007. Certains épisodes ont souvent suscité la controverse en raison de leur approche directe et sans pudeur. À l’époque, la plupart des acteurs étaient de purs inconnus, rendant l’exercice quasi documentaire. On y parle de sexe, de religion, de manipulation, de troubles mentaux, de grossesse, de harcèlement et d’homosexualité. Elle figure toujours dans les titres tendance de Netflix.

13 Reasons Why

► Cote : 4/5

Capture d'écran, You Tube

La première saison de cette série a beaucoup fait jaser du fait de son sujet central : le suicide. Parmi les raisons invoquées par la protagoniste pour expliquer son geste, on trouve les abus sexuels. Et il y en a plusieurs : la pression exercée sur les filles pour avoir des rapports sexuels, l’absence de consentement, le sexe pour le sexe sans attachement, etc. Les valeurs qui y sont véhiculées sont à la fois dures et troublantes. Mais les jeunes aiment y être confrontés. Connaître ce qu’il y a de pire ne peut que leur permettre d’être surpris par ce qui est normal.

Gossip Girl

► Cote : 2,5/5

Capture d'écran

Cette série originalement diffusée sur The CW et aujourd’hui relayée par Netflix vend du rêve aux ados. Non seulement les personnages principaux sont riches, mais ils sont tous en couple et ont tous une vie sexuelle active. Blair est conservatrice et fidèle. Serena est plus audacieuse et séductrice. Tout est quand même léché. On est dans la suggestion et jamais dans la démonstration.

Baby

► Cote : 4/5

Cette série italienne peu connue chez nous est décrite comme une exploration du quotidien secret des adolescents d’une école secondaire de Rome. En novembre dernier, la série a débarqué sur Netflix sur fond de scandale. La National Center on Sexual Explotation a soulevé qu’elle encourageait la prostitution juvénile et faisait la promotion du trafic sexuel, accusant le diffuseur de valoriser les profits aux dépens des victimes. Réponse de Netflix ? Baby correspond à la nouvelle orientation edgy des créateurs d’aujourd’hui.