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Airbnb: des nouvelles mesures pour contrer l’hébergement illégal à Québec

Airbnb: des nouvelles mesures pour contrer l’hébergement illégal à Québec
Photo d'archives AFP

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Dès juin, les citoyens de Québec pourront proposer leur logement principal en location sur Airbnb, à condition d’obtenir un permis, et la Ville serrera la vis à ceux qui font de l’hébergement illégal. 

La Ville de Québec a annoncé lundi par voie de communiqué qu’elle mettra en place son plan d’action pour encadrer l’hébergement touristique. Elle s’attaque entre autres à resserrer les critères autour «des réservations de logements de type collaboratif», mieux connues sous le nom de Airbnb, HomeAway et même Kijiji.  

Dès le 1er juin, un propriétaire ou un locataire qui veut offrir de l’hébergement collaboratif dans sa résidence principale pourra le faire pour un maximum de 90 jours par an, en obtenant cependant un permis de la Ville qui lui coûtera 50 $ annuellement sur présentation d’une preuve de résidence principale, et ce partout sur le territoire de Québec. Les citoyens «s’engageront aussi à publier le numéro de permis avec l’offre d’hébergement, quel que soit le média utilisé pour en faire la promotion (plateforme de réservation en ligne, média social, affiche, etc.)», explique la Ville.  

En revanche, ceux qui offrent en location à court terme des logements qui ne sont pas leur résidence principale devront se soumettre aux mêmes règles que tous les hôteliers. Cela signifie qu’ils auront les mêmes obligations en ce qui concerne la réglementation et la fiscalité, comme l’attestation de classification provinciale, le permis municipal et la taxe provinciale sur l’hébergement.  

Pour faciliter les choses, la Municipalité ajustera son zonage en conséquence. Ainsi, elle créera un seul usage, le C10, qui regroupera les établissements hôteliers et les résidences de tourisme et qui portera désormais l’appellation d’«établissement d’hébergement touristique général».  

Ces modifications découlent des réflexions effectuées par le groupe de travail qui avait été mandaté par le maire de Québec, Régis Labeaume, en 2017. Sous l’égide du directeur de l’Office du tourisme de Québec, André Roy, il avait pour mandat de définir la meilleure façon d’intégrer à l’offre touristique de la capitale les nouvelles plateformes comme Airbnb, très populaires auprès des voyageurs, mais décriées par les hôteliers qui dénoncent la concurrence illégale. «Aujourd’hui, nous nous positionnons face à cet enjeu mondial en mettant en place des mesures qui ouvrent la porte au marché touristique collaboratif tout en assurant une certaine équité avec l’hébergement commercial», a exprimé le maire Labeaume par écrit.  

M. Roy estime lui aussi que «les actions déployées répondent aux besoins exprimés».  

Un geste applaudi

À la fois l’Association hôtelière de la région de Québec (AHRQ) et le conseil de quartier du Vieux-Québec ont applaudi les mesures présentées par la Ville. Marjolaine De Sa, directrice générale de l’AHRQ estime que la Ville est «à l’avant-garde» avec ce geste qu’elle pose. Pour elle, cela permettra une plus grande «équité» entre les divers joueurs. «Nous sommes très contents que les choses soient mises en place dès le mois de juin.»

Alain Samson, président du conseil de quartier, croit que c’est un «pas dans la bonne direction». Mais il souligne que la Ville devra se donner les moyens de ses ambitions et investir et engager les ressources nécessaires pour faire respecter sa règlementation. En ce moment, dit-il, «les ressources ont peine à suffire pour faire un encadrement adéquat.»

Les nouvelles mesures seront expliquées à la population lors de deux séances de consultation publique qui présenteront les modifications réglementaires proposées dans le plan d’action. Elles auront lieu le 10 avril à 19 h au Club social Victoria et le 12 avril à 14 h à l’hôtel de ville de Québec. L’objectif est de mettre en place l’ensemble des changements réglementaires d’ici cet automne.  

Les détails sont exposés ici.