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Que cache Justin Trudeau?

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 On apprenait samedi que le cabinet Trudeau a retenu les services de deux bureaux d’avocats afin de le conseiller pendant l’enquête du Commissaire à l’éthique sur les soupçons d’ingérence politique dans l’affaire SNC-Lavalin.  

Précisons que le fait d’engager un cabinet privé d’avocats n’est pas illégal, mais, habituellement, les membres du gouvernement font appel à des conseillers juridiques employés de l’État.  

Il est plus que surprenant cependant que le directeur des communications du premier ministre, Cameron Ahmad, ait refusé de dévoiler le nom des deux firmes d’avocats à qui on a confié ces mandats. Doit-on s’étonner que le gouvernement Trudeau, qui clame haut et fort à la face de la terre entière que le Canada sous sa gouverne est le paradis de la transparence, agisse de la sorte ? 

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Défense personnelle  

Selon une source au sein du cabinet, qui s’est confié au Globe and Mail, un des bureaux d’avocats représente Justin Trudeau personnellement. L’autre firme, elle, défend son chef de cabinet, Katie Telford, et ses deux conseillers en la matière, Mathieu Bouchard et Elder Marques.  

Doit-on alors en conclure que Justin Trudeau sent le besoin d’être défendu à titre personnel ? Est-ce à dire qu’en son for intérieur ou poussé peut-être par ses conseillers, il croit avoir franchi les limites de sa fonction dans ses échanges avec son ex-ministre Jody Wilson-Raybould dans le dossier SNC-Lavalin, ce qui provoque ses maux de tête ?  

Quel mystère recouvre donc cette affaire, qui pollue déjà la campagne électorale de Justin Trudeau et est en train de lui faire perdre de sa superbe ? La GRC refuse de confirmer ou d’infirmer qu’une enquête policière a été déclenchée à la suite de la plainte formelle du chef conservateur Andrew Scheer, qui croit que des membres du cabinet ont enfreint le Code criminel. Tout cela risque d’assombrir le printemps des libéraux fédéraux.