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Changement de cap à l’usine de biométhanisation de Rivière-du-Loup

La production de gaz naturel liquéfié à partir des déchets est mise de côté

Changement de cap à l’usine de biométhanisation de Rivière-du-Loup
Photo Stéphanie Gendron

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RIVIÈRE-DU-LOUP | L’usine de biométhanisation de Rivière-du-Loup fera finalement de l’argent avec les déchets de table en vendant du gaz naturel comprimé plutôt que liquéfié, moyennant un autre investissement, cette fois de plus de 2 M$.

Depuis plus de deux ans, l’usine n’arrivait pas à liquéfier son biogaz produit à partir des vidanges et perdait de l’argent plutôt que d’en faire.  

Énergir, qui achètera le gaz comprimé, vient sauver la situation financière de la société qui gère cette usine construite au coût de 28 M$.

Changement de cap à l’usine de biométhanisation de Rivière-du-Loup
Photo Stéphanie Gendron

Les objectifs au niveau de l’environnement étaient atteints, mais l’usine ne rapportait pas un sou aux citoyens comme c’était prévu. 

Un changement sur le marché commercial, alors que la clientèle d’Énergir est prête à payer plus pour du gaz naturel comprimé plutôt que liquéfié, explique ce changement de cap. 

«Ça vient assurer la sécurité financière. Ça va alléger la tâche des administrateurs», admet le président de la SÉMER (Société d’économie d’énergie renouvelable), Michel Lagacé. Les propriétaires sont à 80 % les contribuables de la Ville et de la MRC de Rivière-du-Loup. 

Investissements

La SÉMER peut donc enfin respirer, mais il faudra encore investir, cette fois 2,3 M$ pour l’achat d’un compresseur et pour faire des modifications techniques qui permettront de transporter le gaz directement dans le réseau d’Énergir.

Le gouvernement du Québec a été interpellé pour obtenir de l’aide financière. On pense pouvoir vendre le gaz en 2020, ce qui rapportera 2,5 M$ par année, plus que ce qui était prévu avec le gaz liquéfié.

Changement de cap à l’usine de biométhanisation de Rivière-du-Loup
Photo Stéphanie Gendron

«Si par exemple les camionneurs avaient été intéressés à payer beaucoup plus cher un carburant 100 % renouvelable, le modèle d’affaires serait resté au gaz naturel liquéfié. Mais étant donné que les clients, qui eux sont intéressés à payer beaucoup plus cher, sont connectés sur le réseau, on est arrivés à ce modèle d’affaires de le transporter et l’injecter dans le réseau», indique Étienne Champagne, vice-président, Projets majeurs et développement des marchés émergents chez Énergir. 

Déboires

Depuis sa mise en activité en 2016, l’usine de biométhanisation de Rivière-du-Loup a rencontré toutes sortes de difficultés et n’arrivait pas à liquéfier le biogaz: manque de déchets, inondation, tuyaux brisés et difficultés techniques.  

La faible participation des citoyens au bac brun représente aussi un défi. L’usine reçoit 3600 tonnes des résidents, mais veut en recevoir 17 000. 

La société perd 100 000 $ par mois et le déficit se chiffre à plus de 5 M$. On ignore combien de temps il faudra pour rattraper ce désastre financier. 

Les dirigeants ne mettront toutefois pas une croix définitivement sur la version liquéfiée. 

«On ne dépensera pas des sommes assidues pour s’entêter. On va plutôt regarder les deux marchés et se concentrer (pour le moment) à produire du gaz naturel comprimé», dit Éric Tremblay, du partenaire privé Terix-Envirogaz.