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Le NM Apollo bon pour la casse deux mois après son achat

La STQ retire le NM Apollo après deux accidents

Le NM Apollo
PHOTO d'archives, STEVE GERONAZZO Le NM Apollo

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 Deux mois après son achat, le NM Apollo ne naviguera plus sur le fleuve Saint-Laurent. La Société des traversiers du Québec (STQ) l’a acheté en janvier pour 2,1 M$ sans faire d’inspection. 

 « Nous allons mettre fin définitivement à l’utilisation du navire Apollo », a annoncé mardi le PDG de la STQ, Stéphane Lafaut, lors d’un point de presse d’urgence. 

 La veille, le Bureau de la sécurité des transports (BST) a livré des constats troublants quant à l’état du vieux navire, construit en 1970. Sans compter les deux accidents subits par le bateau depuis sa mise en service sur la traverse entre Matane et Godbout, l’organisme a noté des problèmes d’étanchéité de la coque, une déformation de la structure et des installations électriques douteuses. Le retrait du NM Apollo est carrément « un gain pour la sécurité maritime », souligne d’ailleurs le BST. 

La coque du Apollo alors qu’elle venait d’être transpercée lors d’une collision avec le quai de Godbout, le 25 février.
Photo d’archives
La coque du Apollo alors qu’elle venait d’être transpercée lors d’une collision avec le quai de Godbout, le 25 février.

 Pas d’inspection 

 Le bateau n’a pourtant pas été inspecté par la STQ lors de son achat. 

 « Nous n’avons pas de rapport à transmettre, mais nous avons la certitude que l’état du navire est bon », disait au Journal en janvier le porte-parole de la STQ, Alexandre Lavoie. 

 « Les gens de la STQ n’ont pas inspecté le navire Apollo », a reconnu le PDG Lafaut en conférence de presse. Il a invoqué un « contexte d’urgence » et a souligné que l’achat a été fait « de bonne foi », qu’il était certifié par Transport Canada et que c’était le seul navire disponible à ce moment. 

 Le ministre des Transports, François Bonnardel, est de son avis, mais il regrette tout de même les événements. 

 « Je ne suis pas fier de toute cette saga et de cette situation », a-t-il ajouté. 

 La STQ s’est toutefois aperçue que le navire était en très mauvais état dès son arrivée à Matane. La facture a rapidement bondi à 3,5 M$ avec les réparations nécessaires pour le maintenir à flot. 

 Avec les constats du BST, M. Lafaut a décidé que c’en était assez. Il devra trouver un nouveau bateau pour remplacer le F.-A.-Gauthier, toujours en cale sèche. 

 Pour Ruba Ghazal, députée de Québec solidaire, la STQ en agissant de la sorte a « mis des gens en danger ». Elle se demande même si on n’a pas « frôlé la catastrophe » et demande maintenant une enquête.