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Un aidant naturel espère éviter la prison

Robert Dubuc
Photo Pierre-Paul Poulin Robert Dubuc
Coupable

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Un aidant naturel, qui a tué son frère atteint de démence et d’Alzheimer lors d’une dispute, veut à tout prix éviter les huit ans de prison que réclame la Couronne.

« C’était un accident de parcours, je m’occupais de mon frère, on a grandi ensemble... Si je prends huit ans, je ne sais pas dans quel état je vais être », a laissé tomber Robert Dubuc, mardi au palais de justice de Montréal.

Frère malade

Pendant des années, Robert Dubuc, 65 ans, s’est occupé de Richard, son petit frère malade. Et quand ce dernier a reçu un diagnostic de maladie dégénérative, il a continué à en prendre soin.

Sauf que l’accusé avait des méthodes particulières pour calmer son frère. Quand Richard était en crise, Robert lui frappait la tête contre un mur pour le calmer.

« Est-ce que c’était approprié ? Non, mais ça faisait partie de son quotidien », a expliqué l’avocat de la défense Louis Miville-Deschenes.

Une dispute, le 5 octobre 2017, aura toutefois été fatale.

« C’était vraiment difficile... Je ne dormais pas, mon frère non plus, a expliqué Robert Dubuc. Il restait deux petits mois avant que je le place [en CHSLD]. »

Prison ou probation

D’abord accusé de meurtre, Dubuc a finalement plaidé coupable d’homicide involontaire.

Et pour la procureure de la Couronne Amélie Rivard, la peine appropriée serait de huit années de détention.

« Je ne dis pas que sa situation était simple ni facile, mais Robert Dubuc a choisi de ne pas demander d’aide extérieure, il était conscient que sa limite était atteinte depuis un certain temps », a-t-elle plaidé.

La procureure a d’ailleurs rappelé que ce cas était bien différent de celui de Michel Cadotte, cet aidant naturel récemment reconnu coupable d’avoir tué par compassion son épouse, dans un moment de détresse.

« Ici, le geste n’a pas été commis pour mettre fin à la souffrance de son frère, a plaidé Me Rivard. C’est une situation triste, mais ça ne la rend pas excusable. »

La défense, de son côté, recommande un sursis de peine assorti d’une probation.

« Robert Dubuc n’avait aucune autre intention que de maîtriser son frère, qui était la dernière personne qui lui restait dans la vie », a plaidé Me Miville-Deschenes.


♦ Le juge Marc David rendra sa sentence au mois de juin.

 
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