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Nouvelle loi sur l’industrie du taxi: Des propriétaires de permis furieux

Nouvelle loi sur l’industrie du taxi: Des propriétaires de permis furieux
CAMILLE DAUPHINAIS-PELLETIER/24 HEURES/AGENCE QMI

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Des propriétaires de permis de taxi estiment que les 250 millions $ qui leur seront versés par le gouvernement de François Legault ne suffiront pas à compenser les pertes qui viendront avec l’abolition des quotas, prévue dans le projet de loi annoncé mercredi.

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Le chauffeur de taxi Amine Dib a acheté son permis au coût de 180 000 $ en 2003 et a reçu 45 000 $ du gouvernement libéral l’an dernier pour compenser la perte de valeur des permis liée aux transformations de l’industrie. «Il me reste donc à récupérer 130 000 $. Si on me donne ce montant, je ne vais avoir aucun problème avec Uber, Lyft, n’importe quoi!» a-t-il lancé.

Comme la somme globale annoncée par le gouvernement caquiste est la même que celle qui avait été accordée par celui de Philippe Couillard, M. Dib ne s’attend pas à retrouver tout son argent.

«Ce n’est pas suffisant. Je dois encore payer à la banque environ 80 000 $ [pour mon permis], a-t-il dit. C’était ça la loi quand j’ai commencé.»

Son collègue Pierre Distin a acheté son permis la même année, pour 150 000 $, grâce à un prêt à taux d’intérêt élevé. «Je jouais selon les règles», a-t-il mentionné.

Depuis, l’industrie s’est bien transformée et les temps sont durs. En fin d’après-midi mercredi, M. Distin avait à peine fait 60 $, alors qu’il avait commencé à travailler à 7 h le matin.

Pourtant, il doit continuer de rembourser au même taux l’emprunt contracté pour l’achat de son permis. «Tous les propriétaires sont choqués d’entendre cette nouvelle-là. [...] C’est comme si on cherchait à créer la guerre entre les chauffeurs de taxi et Uber», a-t-il lancé.

Tout le monde égal

Les chauffeurs qui louent des permis à leurs propriétaires ne bénéficieront pas des compensations gouvernementales. La fin des quotas – et la chute drastique du prix des permis qu’elle devrait entraîner – est toutefois une bonne nouvelle pour certains d’entre eux.

«Pour un chauffeur qui n’est pas propriétaire d’un permis, c’est intéressant, ça met tout le monde sur un pied d’égalité», a affirmé au «24 Heures» un chauffeur qui n’a pas voulu être identifié, craignant que ses critiques nuisent à sa carrière alors que l’industrie connaît de grands bouleversements.

Celui-ci débourse 450 $ par semaine pour louer un permis. Il doit faire de très longues journées pour espérer rentabiliser ses heures de travail. «Il y a tellement de petites lois qui régissent l’industrie du taxi, alors qu’Uber fait ce qu’il veut. Là, ce sera pareil pour tout le monde», espère-t-il.

«Je pensais peut-être aller travailler à Vancouver (NDLR: où Uber n’a pas le droit de rouler), mais, maintenant, je n’ai plus besoin de penser à cela», a-t-il ajouté, soulagé.

D’autres locataires de permis sont moins optimistes, et se désolent de ne rien recevoir de la compensation alors qu’ils paient chaque semaine pour le permis. Un chauffeur se disait bien content d’avoir trouvé un nouvel emploi qu’il commencera dans deux semaines, hors de l’industrie du taxi. «Ça ne sera pas un marché équilibré. Uber va tout monopoliser», a-t-il prédit.

Plusieurs chauffeurs abordés par le «24 Heures» mercredi ne souhaitaient pas dévoiler leur identité, craignant d’être identifiés par le propriétaire de leur permis ou d’affecter négativement leur mobilité professionnelle dans une industrie en pleine transformation.

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