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Réforme de l’industrie du taxi: Uber a le champ libre

Le ministre Bonnardel présente une importante réforme de l’industrie du taxi

« Une telle ouverture facilitera l’émergence d’innovations au bénéfice des consommateurs », a affirmé mercredi le ministre des Transports, François Bonnardel, en annonçant que tous les joueurs de l’industrie du taxi seront désormais soumis aux mêmes règles. 
Photo Simon Clark « Une telle ouverture facilitera l’émergence d’innovations au bénéfice des consommateurs », a affirmé mercredi le ministre des Transports, François Bonnardel, en annonçant que tous les joueurs de l’industrie du taxi seront désormais soumis aux mêmes règles. 

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Le gouvernement Legault a déposé mercredi un projet de loi qui ouvre grand la porte aux entreprises numériques de transport de personnes, tel Uber, grâce à l’abolition du système de quotas qui protégeait l’industrie du taxi traditionnel.

Une fois la réforme adoptée, un simple permis de classe 5 et un véhicule de promenade seront nécessaires pour offrir des services de chauffeurs via une application sur un téléphone intelligent.

« Une telle ouverture facilitera l’émergence d’innovations au bénéfice des consommateurs », a affirmé mercredi le ministre des Transports, François Bonnardel, en annonçant que tous les joueurs de l’industrie du taxi seront désormais soumis aux mêmes règles. 
Photo Simon Clark

Le conducteur devra au préalable réussir un test après avoir suivi une formation d’un maximum de sept heures.

En d’autres termes, le conducteur moyen pourra désormais « faire du taxi » avec un minimum de prérequis.

Le Québec fait figure de pionnier en ce sens, estime le ministre des Transports François Bonnardel. « Ce qu’on fait aujourd’hui, c’est une première », s’est-il félicité en conférence de presse.

« Une telle ouverture facilitera l’émergence d’innovations au bénéfice des consommateurs », a affirmé mercredi le ministre des Transports, François Bonnardel, en annonçant que tous les joueurs de l’industrie du taxi seront désormais soumis aux mêmes règles. 
Photo Simon Clark

Jusqu’ici, un chauffeur de taxi devait détenir un permis de classe 4C, en plus d’avoir suivi une formation pouvant aller jusqu’à 150 heures et de détenir une plaque immatriculée T.

Des projets pilotes permettaient à Uber d’opérer à Montréal, Québec et Gatineau, mais ses chauffeurs devaient aussi obtenir un permis 4C et suivre une formation de 35 heures.

Valeur des permis

La réforme signifie toutefois que la valeur des quelque 8000 permis de taxi émis par la Commission des transports du Québec tombe à zéro.

À Montréal, par exemple, la valeur moyenne d’un permis était de 111 000 $ l’été dernier (en baisse de 45 % depuis l’arrivée d’Uber en 2014).

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« On vient de perdre plus d’un milliard de dollars aujourd’hui », affirme le porte-parole pour le Comité provincial de développement et de concertation de l’industrie du taxi, Abdallah Homsy.

Lui-même doit encore près de 120 000 $ à la banque pour l’achat de son permis.

Le ministre Bonnardel fait valoir que son gouvernement versera 250 millions $ en compensation, qui s’ajoutent à un autre 250 millions $ débloqué sous le précédent gouvernement libéral.

« Alors, vous comprendrez que ça respecte la capacité de payer des Québécois [...] », a-t-il plaidé.

Fait étonnant, quelques dizaines de permis ont encore été vendus au cours des dernières semaines.

Tarification variable

La réforme prévoit également que les taxis pourront désormais ajuster leurs tarifs en fonction de l’achalandage, comme Uber le propose déjà, si une course est demandée via une application pour téléphone intelligent.

« On met fin au monopole d’Uber en termes de tarification dynamique. L’industrie du taxi nous le demandait », affirme François Bonnardel.

Toutefois, un taxi ne pourra imposer cette « tarification dynamique » pour une course hélée sur la rue ou demandée par téléphone. Dans ce contexte, bonne chance pour arrêter un taxi sur la rue, un soir de jour de l’An !

► Les nouvelles règles

  • Un simple permis de conduire de base (classe 5) sera nécessaire pour travailler dans l’industrie du taxi ou pour une entreprise comme Uber.
  • Uber ne sera plus confiné dans des projets pilotes à Montréal, Québec et Gatineau. L’entreprise et ses émules pourront désormais opérer partout au Québec.
  • Fin des territoires définis : un taxi pourra prendre une course en revenant de l’aéroport, par exemple, ce qui est interdit présentement.
  • Les taxis pourront imposer un tarif dynamique en fonction de l’achalandage, comme Uber le fait déjà, pour les courses commandées via une application pour téléphone intelligent.
  • Seuls les taxis traditionnels pourront continuer à prendre des courses hélées sur la rue ou commandées par téléphone.

Les deux côtés de la médaille

« Avec notre réforme, le gouvernement du Québec vient mettre fin à l’incertitude et au régime à deux vitesses. Pour les usagers, cela signifie désormais plus de service, plus de concurrence et plus de transparence dans les prix. »

– François Bonnardel, ministre des Transports

« Nous saluons la décision du gouvernement du Québec de présenter un projet de loi permettant de pérenniser les services de covoiturage urbain à travers la province. »

– Jean-Christophe de Le Rue, porte-parole d’Uber

« Si la loi est appliquée, c’est la faillite pour moi. »

– Toni Bouhaidar, qui doit 234 000 $ sur les deux permis de taxi qu’il possède à Québec

« Ça me plonge dans l’abîme. J’avais hypothéqué ma maison pour acheter le permis. J’ai déjà perdu ma maison, il ne me restait que le permis. »

– Holy Bob Saint-Élien, qui doit 77 000 $ sur son permis de taxi à Montréal

« C’est une déclaration de guerre envers l’industrie du taxi, envers des citoyens de bonne foi qui ont cru au système actuel. »

– Abdallah Homsy, porte-parole pour le Comité provincial de développement et de concertation de l’industrie du taxi