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Trop de gaspillage dans nos cabanes à sucre

Les propriétaires aux poubelles débordantes cherchent des solutions

Simon Farsa, de la cabane à sucre Farsa de Saint-Eustache, devant une poubelle remplie dimanche alors que la saison des sucres n’est même pas encore commencée. 
Photo collaboration spéciale, Stéphane Sinclair Simon Farsa, de la cabane à sucre Farsa de Saint-Eustache, devant une poubelle remplie dimanche alors que la saison des sucres n’est même pas encore commencée. 

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SAINT-EUSTACHE | Des cabanes à sucre veulent s’attaquer au gaspillage alimentaire, déplorant que leurs poubelles débordent de nourriture.

« C’est dégueulasse [tout ce qu’on met aux vidanges], on peut tout récupérer. C’est du gaspillage inutile. Ça n’a aucun sens », déplore Simon Farsa, copropriétaire de la cabane à sucre Farsa à Saint-Eustache.

  • Le journaliste Stéphane Sinclair était l'invité de Benoit Dutrizac:

 

Chez lui, comme chez les autres propriétaires interrogés par Le Journal, le gaspillage alimentaire fait partie du quotidien pendant la saison des sucres, qui battra son plein sous peu.

Ils témoignent tous de la quantité phénoménale de nourriture qui passe directement de la table aux déchets. Chaque année, Simon Farsa dit gaspiller une tonne de nourriture. S’il ne peut en chiffrer la quantité exacte, les photos prises par Le Journal lors d’une visite ces jours-ci parlent d’elles-mêmes.

Le gaspillage prend de telles proportions que certains propriétaires de cabanes à sucre tentent d’y remédier, par respect pour l’environnement et les gens dans le besoin. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire.

« On veut réduire les portions, mais les gens ne sont pas contents [si on le fait] », explique M. Farsa.

Ce que le représentant du Journal n’a pu manger dans sa portion.
Photo collaboration spéciale, Stéphane Sinclair
Ce que le représentant du Journal n’a pu manger dans sa portion.

Plus de petits services

Du côté du Chalet des Érables, dans les Laurentides, « on a réduit les portions, mais on en sert plus souvent et plusieurs se plaignent de voir moins de nourriture sur les tables au début du repas », ajoute la propriétaire, Stéphanie Laurin.

« On est soumis à la pression des clients qui en veulent plein la table avant d’avoir commencé à manger », regrette-t-elle.

Claude Charbonneau, de la cabane à sucre Lalande, à Mirabel, appelle lui aussi les clients à les aider en changeant leur attitude.

D’ici là, plusieurs voudraient faire don de la nourriture en trop qu’ils ont sur les bras.

« On a offert de donner les restants à des organismes de charité, mais ils croient que ce n’est pas légal en raison des règlements du ministère des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec [le MAPAQ] », regrette M. Farsa.

Dons

Or, vérifications faites, c’est légal de donner ces restes.

« Il faut que toutes les précautions aient été prises pour s’assurer qu’elle est comestible », explique Yohan Dallaire-Boily, porte-parole au MAPAQ.

La nourriture non consommée n’est pas considérée comme des restants de table puisque les cabanes servent d’ordinaire la nourriture sous forme de buffet.

Contactées hier, la Mission Old Brewery et la Maison du Père à Montréal se sont montrées ouvertes à l’idée de redistribuer la nourriture non consommée dans des cabanes à sucre. À condition, bien sûr, que la qualité et la propreté des aliments soient assurées.


► Le Québec compte plus de 200 cabanes à sucre.