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Tuerie à la mosquée: une autre famille obtient gain de cause

La conjointe et les enfants d’Aymen Derbali seront indemnisés par l’IVAC

Quebec
Photo d’archives, Stevens Leblanc Aymen Derbali et sa conjointe Nedra Zahouani, lors du prononcé de la sentence d’Alexandre Bissonnette le 8 février.

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Les membres de la famille du survivant de la tuerie de la mosquée, Aymen Derbali, ont obtenu gain de cause et seront finalement indemnisés par l’IVAC.  

À 24 heures d’une audience devant le Tribunal administratif du Québec, les proches sont soulagés de voir que la bataille juridique pour obtenir de l’aide est terminée.  

Depuis juillet 2017, la conjointe de M. Derbali, Nedra Zahouani, réclamait au programme d’indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC) le statut de victime pour elle et ses enfants.  

Ses demandes avaient toutefois été refusées. L’IVAC soutenait qu’ils n’ont pas été personnellement victimes d’un acte criminel.  

«On est soulagés qu’elle soit reconnue comme une victime. Elle aurait dû l’être dès les premiers jours puisqu’elle a souffert beaucoup. Elle aura accès à des soins et elle en a besoin. Elle doit s’occuper seule de moi et des enfants. Elle est fragile», a précisé mercredi Aymen Derbali.  

Paralysé  

Père de famille, M. Derbali est devenu tétraplégique après avoir reçu sept balles en tentant de neutraliser le tueur, le soir du 29 janvier 2017.  

Dans sa demande, la famille a fait une liste des conséquences tragiques pour elle : stress post-traumatique, peine, deuil du père avec lequel les enfants pouvaient jouer, inquiétudes, perte de soutien et d’activités.  

«Pour la conjointe, qui a vécu l’enfer ce soir-là, il y a le remplacement de revenu, des traitements psychologiques sans limites de temps et une rente qui peut donner un montant variable selon la gravité des séquelles», explique l’avocat Marc Bellemare.  

Les trois enfants de trois, six et dix ans auront également droit aux traitements et à la rente. Cette aide financière pourrait faire une bonne différence dans leur vie.  

Le mois dernier, Azzedine Soufiane (à titre posthume) et Aymen Derbali ont reçu la médaille du civisme des mains de la ministre de la Justice Sonia LeBel – de qui relève l’IVAC – pour leurs gestes héroïques lors de la fusillade.  

Choqué, Me Bellemare avait alors déploré le « double discours » du gouvernement Legault.  

D’autres familles attendent  

«J’ai approché la ministre ce jour-là pour lui parler de cette question. Je voulais comprendre. Je l’ai même présentée à Mme Derbali», a confié Charaf Amhaouch, qui a aidé la famille Derbali dans ses démarches.  

La veuve et les deux enfants d’Aboubaker Thabti, qui est l’une des six victimes de la tuerie, ont aussi été reconnus comme des victimes par le programme de l’IVAC, qui avait refusé deux fois leur dossier.  

Des familles éplorées attendent toujours une décision favorable. « Pour la mosquée, il en reste une dizaine d’autres », a ajouté Me Bellemare.  

Longue attente  

 ► 29 janvier 2017, Aymen Derbali reçoit sept balles en tentant de neutraliser le tueur de la mosquée.  

 ► Depuis juillet 2017, sa conjointe réclamait à l’IVAC le statut de victime pour elle et ses trois enfants.  

 ► Janvier 2019, deux ans après la tuerie, la famille du défunt Aboubaker Thabti obtient gain de cause.  

 ► 20 mars 2019, la famille d’Aymen Derbali obtient gain de cause.  

 ► 21 mars 2019, l’audience devant le TAQ est annulée.