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Urgence: la santé mentale de Trump

Le président américain Donald Trump
Photo AFP Le président américain Donald Trump

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«You are nuts» (T’es cinglé!). C’est un tweet à Trump de George Conway, le mari de la principale conseillère politique et amie personnelle du président, Kellyanne Conway. 

Conway, un avocat conservateur républicain, affirme que le président est mentalement instable, incompétent et, ce qui est encore plus inquiétant, que sa condition empire. Tient-il ses informations de sa femme? Trump a répondu à la mise en cause de son équilibre mental en appelant Conway un «loser», un «mari infernal» qui était «TRÈS jaloux» du succès de sa femme. Les soirées ne doivent pas être de tout repos chez les Conway!  

Pour illustrer les problèmes psychologiques de Trump, Conway cite simplement le manuel de diagnostic de l’Association psychiatrique américaine. Tellement de psychiatres avaient déjà mis la santé mentale de Trump en doute durant la campagne présidentielle que l’APA avait dû rappeler ses membres à l’ordre : «faire la psychanalyse de candidats sans les avoir personnellement soumis à un examen est “contraire à l’éthique professionnelle et irresponsable”.» 

Bon, comme on n’est pas psychiatre, allons-y gaiement. La maladie mentale de Donald Trump est appelée trouble de la personnalité narcissique.  

Je vous invite à juger par vous-même si Trump en souffre. 

Selon le DSM-5, l’édition 2018 du manuel de l’APA, ce trouble mental est caractérisé par les symptômes suivants :  

  • Grandiosité avec des attentes de traitement supérieur aux autres; 
  • Fantasmes de pouvoir, de réussite, d’intelligence, d’attractivité, etc.; 
  • Perception de soi comme d’un être unique, supérieur et associé à l’élite; 
  • Besoin d’une admiration constante des autres; 
  • Sens du droit à un traitement spécial et à l’obéissance d’autrui; 
  • Exploitation des autres pour obtenir des avantages personnels; 
  • Absence d’empathie pour les sentiments, les désirs ou les besoins des autres; 
  • Envieux des autres et conviction que les autres sont envieux d’eux; 
  • Démarche pompeuse et arrogante.  

Difficile de ne pas constater qu’il s’agit là de la parfaite description de l’individu. 

Certains spécialistes précisent le diagnostic en observant que Trump est un exemple clinique du «narcissique malfaisant». C’est le psychologue social Erich Fromm qui a inventé le terme en 1964, pour décrire une «maladie mentale grave» représentant «la quintessence du mal» incitant celui qui en est touché à des actes de «destructivité vicieuse et inhumaine». Le malade souffre d’un mélange extrême de trouble du narcissisme, de personnalité antisociale, d’agressivité et de sadisme. Il sape les organisations dans lesquelles il est impliqué et déshumanise les personnes avec lesquelles il s'associe. 

Comment, encore une fois, ne pas penser à Trump en lisant cette description de la pathologie. La cruauté sadique de sa personnalité ubuesque et l’effronterie de ses affabulations font de Trump un maître de la méchanceté pernicieuse et malveillante. 

Dans une lettre au New York Times en 2017, 37 professionnels de la santé mentale ont défié l’APA pour mettre le pays en garde contre Donald Trump. Ils affirment que le silence qu’on leur impose les empêche de mettre leurs compétences au service des médias et des commissions du Congrès en ce moment critique pour les États-Unis. Les psychiatres constatent que le discours et les actions de Trump démontrent son incapacité à tolérer des opinions différentes des siennes qui le conduisent à des réactions de rage. «Les individus avec ces traits déforment la réalité en fonction de leur état psychologique, attaquent les faits et ceux qui les transmettent (journalistes, scientifiques).»  

Leur lettre se termine par un verdict dévastateur au sujet de la santé mentale du président des États-Unis : «Nous croyons que la grave instabilité émotionnelle qu’indiquent le discours et les actes de M. Trump le rend incapable de servir en toute sécurité comme président.» 

Psychiatre de formation, le célèbre chroniqueur de droite Charles Krauthammer, décédé en 2018, a ainsi diagnostiqué Donald Trump dans un article du Washington Post : «Ses besoins sont plus primitifs, une faim infantile d'approbation et de louange, un besoin insatiable. Il vit dans un cocon de solipsisme où le monde extérieur n’a de valeur, et même n’existe, que dans la mesure où il soutient et amplifie son personnage.» 

Quant à Trump, le mégalomane égocentrique, inculte et mentalement troublé, qui dirige le pays le plus puissant de l’histoire, il proclame qu’il est «un génie très stable»