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Les pires rues de Québec: ces artères qui ont mal vieilli

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Rue de la Faune, boulevard Wilfrid-Hamel, boulevard Sainte-Anne... Comme dans bien des villes nord-américaines, il y a à Québec des artères qui ont mal vieilli.  

«Ce sont des rues mal aimées. Elles ont la réputation d’être laides, quétaines. [...] On savait qu’elles étaient là, mais on regardait ailleurs», commente l’historien Denis Angers.  

Autrefois prospères, elles sont tombées peu à peu dans le déclin, dans l’indifférence générale. «La Ville se préoccupait de Saint-Roch. C’est plus attrayant de faire des investissements dans le cœur de Québec, où tout le monde les voit.» 

Sur Hamel, les motels à bon marché 
côtoient les commerces de toutes 
sortes. « Ça s’est développé de 
manière anarchique. C’est
extrêmement difficile à corriger
et ça prend énormément de temps »,
estime l’ancien DG de la Ville, Serge Viau.
Photo Simon Clark
Sur Hamel, les motels à bon marché côtoient les commerces de toutes sortes. « Ça s’est développé de manière anarchique. C’est extrêmement difficile à corriger et ça prend énormément de temps », estime l’ancien DG de la Ville, Serge Viau.

Avant les autoroutes périphériques, les boulevards Hamel et Sainte-Anne ont longtemps été les portes d’entrée de la ville, construites autour de l’automobile.  

Stationnements en façade  

«C’est un mélange de toutes sortes de choses, un peu hétéroclites. Les normes d’aménagement étaient d’un autre temps», notamment avec une mer de stationnements en façade, constate Serge Viau, architecte et urbaniste émérite et ancien directeur général de la Ville de Québec.  

À Saint-Émile, la rue de la Faune, une ancienne route de campagne qui finissait en cul-de-sac avant la construction de l’autoroute Laurentienne, a accueilli l’industrie florissante du cuir. 

Sur la rue de la Faune, des bâtiments
de l’époque où l’industrie du cuir était
 florissante jalonnent toujours l’artère.
Photo Agence QMI, Simon Clark
Sur la rue de la Faune, des bâtiments de l’époque où l’industrie du cuir était florissante jalonnent toujours l’artère.

Mais, aujourd’hui, les bâtiments ont pris un coup de vieux et l’ensemble est peu attrayant, estime la présidente du conseil de quartier, Manon Therrien. Aux heures de pointe, les voitures s’y agglutinent et les piétons et cyclistes n’y ont pas une place de choix, selon elle.  

Note d’espoir  

L’historien Réjean Lemoine note que tout espoir n’est pas perdu pour ces artères. Paradoxalement, les autoroutes qui ont causé leur perte pourraient contribuer à leur renaissance.  

Avec la congestion, les gens tendent à se rapprocher du centre et on voit de plus en plus de projets immobiliers pousser aux abords de Hamel et de Sainte-Anne, remarque-t-il. 

Le boulevard Sainte-Anne donne 
beaucoup de place à l’automobile 
avec ses voies larges et ses commerces 
avec stationnements en façade.
Photo Agence QMI, Simon Clark
Le boulevard Sainte-Anne donne beaucoup de place à l’automobile avec ses voies larges et ses commerces avec stationnements en façade.

Pour l’urbaniste Serge Viau, la Ville doit cependant donner un coup de pouce. Selon lui, la revitalisation commence par la réfection majeure de la rue elle-même. «Si on refaisait la rue de façon plus moderne, avec des arbres, des trottoirs, si on l’embellissait, on faciliterait la reconstruction avec de nouvelles normes.»  

À Saint-Émile, il faudrait selon Réjean Lemoine revaloriser le cœur du «village» et améliorer le vieux Saint-Émile, notamment par l’amélioration des trottoirs ou par l’implantation d’un programme pour revitaliser l’artère commerciale, par exemple.  

Réjean Lemoine
Photo Stevens LeBlanc
Réjean Lemoine

Mais cela prend du temps, beaucoup de temps. «Quand on travaille dans le milieu urbain, je dis toujours qu’il faut avoir beaucoup de patience», lance Serge Viau.