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Voici les pires rues de Québec

Le chemin de la Canardière et l’avenue D’Estimauville en font partie avec leur milieu dévitalisé

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 Dans un exercice inédit, Le Journal a demandé aux conseils de quartier de se prononcer sur les pires rues de leur voisinage, et à des experts d’analyser les artères qui ont vraiment besoin d’amour à Québec. Cela a permis d’identifier des secteurs qui sont dévitalisés, dont les infrastructures sont désuètes ou qui présentent des dangers pour les usagers de la route. Nous vous les présentons samedi et dimanche.  


Alors que Saint-Roch et Lebourgneuf se sont métamorphosés et que les projets se multiplient à Sainte-Foy, l’est de Québec, longtemps oublié, se cherche une âme. Le chemin de la Canardière est laissé à lui-même et l’avenue D’Estimauville vivote au gré des promesses, qui tardent à se concrétiser.  

 Dans Maizerets, tout semble à faire tellement le secteur est dévitalisé. «Le problème, c’est qu’on n’a pas de cœur, pas de centre. C’est comme une passoire», constate Martial Van Neste, président du conseil de quartier.     

 Sur D’Estimauville, le projet d’écoquartier annoncé en 2010 peine à sortir de terre. Deux édifices fédéraux ont poussé au milieu des terrains vagues. Une centaine de logements sont actuellement en construction, alors que 2000 avaient été promis. Autour, les commerces périclitent.     

 «Il va se faire des choses, mais l’impact n’est pas encore visible», constate M. Van Neste. «C’est un peu décevant. Ç’a l’air encore d’une zone un peu abandonnée.»     

Le cœur de Maizerets se situe naturellement 
au coin de la Canardière et de la 18e Rue, 
croit le président du conseil de quartier, 
Martial Van Neste. Mais en ce moment, 
l’endroit est peu attrayant, surtout pour 
les piétons, selon lui.
Photo Stevens LeBlanc
Le cœur de Maizerets se situe naturellement au coin de la Canardière et de la 18e Rue, croit le président du conseil de quartier, Martial Van Neste. Mais en ce moment, l’endroit est peu attrayant, surtout pour les piétons, selon lui.

 Il y a beaucoup d’espoir autour du tracé et du pôle d’échanges du futur trambus. Mais il faudra attendre 2026.     

 Plus loin, au coin de la Canardière et de la 18e Rue, l’enchevêtrement de voies donne le tournis. «La Canardière et la 18e, c’est comme une barrière entre le nord et le sud du quartier. C’est épeurant passer dans ce coin-là. La Ville a fait des efforts qui nous apparaissent trop timides. Tout ce secteur est préoccupant pour la sécurité des piétons.»     

 Un secteur délaissé  

 Pour l’historien Denis Angers, le secteur «a été regardé de haut par les gens de la haute-ville». Alors que le secteur Limoilou s’est développé de façon disciplinée, l’est du quartier est comme une «excroissance à bon marché de Limoilou, et on vit avec ça depuis ce temps-là».    

 L’historien Réjean Lemoine rappelle que les deux voies ont pourtant une longue histoire. Canardière existe depuis le régime seigneurial et D’Estimauville a longtemps été un chemin privé qui menait à l’«asile de Beauport», avant de devenir public en 1967. Ces artères doivent maintenant faire l’objet d’attention, estime-t-il.     

 S’ouvrir sur le fleuve  

 Pour D’Estimauville, cela passe par une ouverture sur le fleuve, selon lui. L’artère est coupée par l’autoroute Dufferin-Montmorency.     

 «La journée où on va défoncer D’Estimauville et l’amener jusqu’au bord du fleuve, ça va fonctionner. Parce que l’accès au fleuve est le principal attrait de ce secteur.» Avant l’arrivée de l’autoroute, les propriétés de ce secteur profitaient d’ailleurs d’un endroit de villégiature prisé.    

 Avec le déménagement du centre Mgr-Marcoux, qui créait un point d’ancrage pour les gens du voisinage, Martial Van Neste craint que le secteur se dévalorise encore plus. Le conseil de quartier se réjouit tout de même d’avoir pu installer une place éphémère, pour dynamiser le coin Canardière-18e Rue.     

 «C’est joli, mais ce n’est pas ça qui va amener des gens», analyse Denis Angers, selon qui le succès passe par des programmes pour attirer commerçants et résidents. Il met un bémol : avec la baisse démographique, «la capacité de développer des quartiers vivants dans une ville d’un peu plus de 500 000 habitants est limitée».     

 La conseillère municipale du quartier, Geneviève Hamelin, admet que le «noyau villageois du secteur Maizerets est à revoir». «Le piéton doit avoir sa place. On veut rendre ça le plus agréable possible, pour que les gens y convergent et aient envie d’y aller», dit-elle, ajoutant que dans cette optique, la place éphémère pourrait devenir permanente.     

 Les immeubles de bureaux ne suffisent pas   

 Le fédéral a montré des efforts pour insuffler un peu de vie dans le secteur D’Estimauville, mais ce n’est pas suffisant de planter des édifices sur des terrains en friche, selon l’urbaniste Simon L’Allier.     

 Les deux édifices fédéraux qui logent des fonctionnaires dans le secteur sont des édifices à l’architecture intéressante et ils ne sont pas déplaisants, souligne M. L’Allier, mais ça n’amène pas beaucoup de vie.     

 Leur rez-de-chaussée aux vitres opaques ne compte aucun commerce et n’offre pas d’ouverture sur la rue, dit-il.    

 «Ça ne pousse pas à l’interaction. On est loin de créer une vie intéressante de quartier. Il n’y a personne qui se dit : on va aller marcher à D’Estimauville. Il y a du trafic et du bruit. Ça manque de diversité dans les façades.»     

 Ils apportent du monde, mais ce sont des gens qui repartent le soir, laissant le quartier désert.     

 On doit plutôt encourager des usages mixtes de commerces, de bureaux, d’habitation, plaide Simon L’Allier.     

 Et selon lui, l’expansion des banlieues fait diminuer la pression sur le développement des terrains en ville, comme ceux de D’Estimauville, qui sont souvent plus chers que ce qu’on trouve dans la couronne entourant Québec.     

 Revitalisation plus large  

 À la Ville de Québec, la conseillère municipale du secteur, Geneviève Hamelin, estime que la revitalisation de D’Estimauville est plus large que l’écoquartier.     

 Elle souligne la venue prochaine de Medicago et de la CNESST, qui apporteront des centaines d’employés, et d’un parc de voisinage aménagé par la Ville.     

 Un work in progress  

 «D’Estimauville est un work in progress, mais l’objectif est indéniablement en cours de réalisation. [...] Avec un si grand secteur à revitaliser, de voir ça en cours de réalisation à l’intérieur de moins d’une décennie, c’est un succès, selon moi.»     

 Quant aux commerces de proximité, ils viendront avec l’arrivée massive de travailleurs et de résidents, prévoit-elle.       

 Les pires rues de Québec  

 Samedi  

 L’EST DE LA VILLE OUBLIÉ   

  •  Chemin de la Canardière      
  •  Avenue D’Estimauville         

 DES DÉVELOPPEMENTS D’UNE AUTRE ÉPOQUE  

Photo Simon Clark

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  •  Rue de la Faune      
  •  Boulevard Sainte-Anne      
  •  Boulevard Wilfrid-Hamel         

 DES RUES ET TROTTOIRS MAL EN POINT DANS LE VIEUX-PORT  

Photo Pascal Huot

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  •  Rue Saint-Pierre      
  •  Rue Saint-Paul         

 L'ASPHALTAGE MASSIF A AIDÉ  

Photo Jean-François Desgagnes

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  •  Avenue Industrielle      
  •  Le pied de l’autoroute Laurentienne         

 CAUCHEMAR POUR LES PIÉTONS  

Photo Stevens LeBlanc

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  •  Rue Mgr-Gauvreau      
  •  Côte du Palais      
  •  Avenue des Hôtels         

 Dimanche  

 DANGER POUR LES ÉLÈVES AUTOUR DE L’ÉCOLE ANNE-HÉBERT  

Photo Simon Clark

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  •  Avenue Brown        

LA VIE DURE POUR LES CYCLISTES  

Photo Stevens LeBlanc

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  •  Chemin Sainte-Foy      
  •  Chemin des Quatre-Bourgeois       
  •  Rue Fraser         

 DES POTEAUX EN PLEIN MILIEU DES TROTTOIRS  

Photo Simon Clark

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  •  Rue Sainte-Marie      
  •  Rue Saint-Vallier      
  •  Rue Chabot         

 Les experts consultés     

 Denis Angers  

Photo Stevens LeBlanc
  •  Historien, communicateur et animateur         

 Simon L’Allier  

Photo courtoisie
  •  Urbaniste spécialisé en mobilité et transport         

 Réjean Lemoine  

Photo Stevens LeBlanc
  •  Historien et ancien conseiller municipal         

 Serge Viau  

Photo courtoisie
  •  Architecte et urbaniste émérite, ancien directeur général de la Ville de Québec