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Le crucifix: un symbole historique

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La Ville de Montréal a annoncé cette semaine qu’elle entendait décrocher le crucifix de l’hôtel de ville, et François Legault, qui a longtemps refusé de décrocher celui de l’Assemblée nationale, a laissé entendre qu’il n’était plus fermé à l’idée.

Montréal

Pourtant, on le sait, le commun des mortels est hostile à ce retrait. Dans le milieu médiatique, on aime s’en moquer en lui reprochant une forme d’attachement anachronique à un symbole qui ne serait pas à sa place dans les lieux de pouvoir. Il serait tout simplement incompatible avec une société laïque et moderne.

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Catho-laïcité ! Ce terme est brandi de manière accusatrice à la manière d’une insulte. Pourtant, comme je le dis depuis longtemps, il est moins vexant qu’on voudrait le croire. En fait, il incarne une synthèse nécessaire.

Il est absolument nécessaire, aujourd’hui, de promulguer la Charte de la laïcité la plus audacieuse possible. Elle permettra de fixer un nouveau cadre d’intégration, à une époque où les communautarismes religieux empiètent sur l’espace public. Elle vient parachever symboliquement la construction du Québec moderne. Mais cette laïcité n’a pas à effacer notre histoire ou à la ranger au musée. On ne devrait pas construire une identité en faisant table rase de ses couches les plus profondes.

Catho-laïc, donc !

Que le crucifix soit un symbole religieux va de soi. Mais il n’est pas que cela. C’est aussi un symbole identitaire qui rappelle la présence du vieil héritage canadien-français au cœur de l’identité québécoise. C’est un marqueur de continuité historique dans une société qui a tendance à renier son passé.

Culture

Il rappelle symboliquement aussi une chose essentielle : notre peuple appartient à la civilisation occidentale. Au Québec, toutes les convictions religieuses sont égales devant la loi, mais toutes les traditions religieuses ne sont pas égales devant la mémoire. Ceux qui veulent s’installer chez nous doivent accepter ce primat symbolique.