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Les pires rues de Québec: traverser l’autoroute à pied

Pour aller au nouveau carrefour commercial, les piétons de Val-Bélair doivent franchir Henri-IV

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Sur l’avenue Industrielle, à Val-Bélair, les piétons ont 35 secondes pour traverser sept voies d’autoroute. C’est insuffisant, constate la présidente du conseil de quartier, Francine Dion, qui a tenté l’expérience à ce carrefour très achalandé.

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En plein cœur de Val-Bélair, si vous êtes piéton et que vous voulez accéder au nouveau quartier commercial qui vient de pousser le long de l’avenue Industrielle, vous aurez à traverser sept voies d’autoroute en plus d’une bretelle d’accès.  

La présidente du conseil de quartier de Val-Bélair, Francine Dion, l’a tenté à ses risques et périls à un endroit où la circulation est très dense et où «les gens passent souvent sur la jaune orange».  

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Photo Stevens LeBlanc

Pour elle, c’est le secteur le plus dangereux du quartier. Les 10 secondes de feu piéton pour traverser la bretelle et les 35 pour traverser l’autoroute Henri-IV sont bien insuffisantes, déplore Mme Dion.  

Le Journal a constaté que les automobilistes ne ralentissent effectivement pas beaucoup dans le secteur.  

«L’autre jour, il y avait une madame avec une poussette prise sur le terre-plein parce qu’elle n’avait pas eu le temps de traverser. Quand il fait beau, ça va, mais pas quand le temps est à la neige ou à la pluie», lance Mme Dion.  

«Plaies» urbaines  

Dans Saint-Roch, plusieurs piétons se risquent aussi à traverser l’autoroute Laurentienne en raison des aménagements déficients pour leur permettre de circuler efficacement.  

«Il n'y a pas de lumière pour traverser vers le parc Victoria, le stade, l’école. Les deux passerelles — amicalement appelées plaies — au-dessus de Laurentienne sont trop loin et les piétons et cyclistes préfèrent risquer leur vie à traverser au pied de l'autoroute plutôt que de faire un détour de 10 minutes à pied», raconte Véronique Chabot, présidente du conseil de quartier de Saint-Roch.  

Le conseil a identifié le pied de l’autoroute Laurentienne comme le pire secteur du coin. Les citoyens sont en attente du boulevard urbain, promis depuis longtemps, mais qui ne s’est pas réalisé, souligne-t-elle.  

Danger pour les piétons  

Un autre problème identifié par le conseil de Saint-Roch est l’axe Mgr-Gauvreau entre le boulevard Charest et la rue Fleurie.  

Adossé sur l’autoroute Dufferin-Montmorency, «ce passage est utilisé par des centaines de piétons qui doivent marcher dans la rue cet hiver. Il devait d'ailleurs y avoir un trottoir depuis très longtemps, qui n'a jamais été fait», souligne Mme Chabot.  

Le conseil a proposé l’installation de bollards, mais la solution n’a pas été retenue.  

La situation n’est guère plus reluisante dans le Vieux-Québec, sur la côte du Palais. Devant l’Hôtel-Dieu, c’est «une mer d’asphalte», et un réel danger pour les piétons, alors que se croisent plusieurs artères et où circulent énormément de camions de livraison, commente Pierre Baillargeon, vice-président du conseil de quartier.  

«On a pensé à des avancées de trottoirs pour créer des traverses piétonnières plus courtes», cite-t-il.  

À l’autre bout de la ville, près du spaghetti d’autoroutes qui mènent au pont, le conseil de quartier de Saint-Louis, à Sainte-Foy, pointe la route «abandonnée» qui donne accès à l’un des principaux attraits de la capitale, l’Aquarium du Québec.  

«Il n'y a pas de trottoir sur l'avenue des Hôtels malgré le fait que cette rue soit étroite et très achalandée», déplore Bernard Drouin, président du conseil. Pourtant, plaide-t-il, «l'accès à un lieu d'intérêt public doit être accessible facilement par transport en commun et par lien piétonnier», et c’est loin d’être le cas de l’avenue des Hôtels.