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Des papas actifs pour des enfants en santé

Dad with son playing American football
Photo Adobe stock

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Avoir des enfants est une source de grand bonheur et de fierté. On leur souhaite la santé, de grandir dans le bonheur, la curiosité d’apprendre et une vie d’adulte où ils pourront réaliser leurs ambitions et leurs rêves. Être un parent est donc un privilège qui s’accompagne de grandes responsabilités.

Nos enfants ont absolument besoin d’activité physique (au moins une heure par jour) pour grandir sainement et se protéger contre les problèmes de santé. Les pédiatres voient maintenant des enfants qui souffrent de diabète de type 2 (la forme de diabète reliée à la sédentarité, à une alimentation de mauvaise qualité et à l’obésité abdominale) et d’hypertension, maladies qui autrefois concernaient les personnes de plus de 50 ans.

Donner l’exemple

Une triste réalité qui nous rappelle que le mode de vie sédentaire que nous nous sommes créé n’est pas compatible avec la santé humaine et encore moins avec celle de nos enfants.

Bref, comme on sait que bouger est essentiel à la vie, les parents doivent donner l’exemple.

Une littérature scientifique volumineuse fait état de l’influence des habitudes de vie des mamans (tabagisme, prise d’alcool, alimentation, sédentarité, etc., lors de la conception et durant la grossesse) sur la santé de l’enfant qu’elles portent. Les résultats se résument simplement : sans même faire de l’exercice vigoureux, la future maman active qui marche où qui fait de l’activité physique légère aura des enfants moins à risque de développer des maladies chroniques comme l’obésité et le diabète de type 2.

Et les papas dans tout ça ? Une étude récente conduite par des collègues de The Ohio State University apporte un éclairage très intéressant sur la question. En effet, l’équipe de la Dre Kristin Stanford a réalisé une étude où des groupes de souris mâles ont été gardés dans des cages avec ou sans roue d’exercice. Ainsi, les souris qui avaient une roue d’entraînement pouvaient librement faire de l’exercice alors que les souris qui n’en avaient pas étaient contraintes à la sédentarité.

Pendant trois semaines, des sous-groupes de ces souris ont consommé des aliments riches en gras qui ont fait grossir les souris sédentaires et ont détérioré le contrôle de leur glycémie (taux de sucre dans le sang), les rendant plus susceptibles de développer le diabète.

Cependant, les souris mâles qui mangeaient la même nourriture grasse, mais qui faisaient spontanément de l’exercice grâce à leur roue ont été protégées contre les effets néfastes de leur régime gras. Cette partie des résultats était attendue (les effets protecteurs de l’exercice sont bien connus), mais la suite de l’histoire est fascinante.

En effet, après cette intervention de trois semaines, les souris mâles sédentaires ou actives ayant été soumises à une diète normale ou grasse ont été accouplées avec des souris femelles dont la diète était normale et qui étaient gardées sédentaires.

Des papas qui ont de l’impact

La santé des rejetons a ensuite été étudiée pendant un an, toute la progéniture ayant droit à une diète normale et gardée sédentaire durant cette période. Les souris dont les pères avaient été gardés sédentaires et avaient été exposés à une diète grasse montraient un métabolisme du glucose détérioré compatible avec un risque de diabète augmenté.

Toutefois, les souris dont les papas avaient fait de l’exercice (avec une diète grasse ou non) ne montraient aucune détérioration de leur contrôle glycémique. Ainsi, l’exercice chez les papas avait aboli l’effet néfaste de leur diète grasse non seulement sur leur propre adiposité et sur leur glycémie, mais avait également amélioré le contrôle glycémique de leur progéniture !

Comment expliquer ces résultats très impressionnants ? Les chercheurs ont analysé le sperme des géniteurs et ont observé plusieurs différences significatives entre les groupes, entre autres dans la mobilité des spermatozoïdes et dans l’ARN messager (petites molécules qui envoient des signaux dans nos cellules conduisant à la synthèse de protéines).

Bref, des études additionnelles seront nécessaires pour bien comprendre les mécanismes, mais les implications de ces résultats ne sont pas banales. Par leurs habitudes de vie, les parents ont certes beaucoup d’influence sur les comportements (actifs ou non) de leurs enfants, mais cette étude incite également les futurs papas à porter une attention particulière à leur niveau d’activité physique afin d’optimiser les chances que leurs enfants grandissent en santé.

Pas besoin d’être un athlète pour cela ; une bonne marche quotidienne sera suffisante, mais il faut bouger !


* Jean-Pierre Després est professeur au Département de kinésiologie de la Faculté de médecine de l’Université Laval. Il est également directeur scientifique du Centre de recherche sur les soins et les services de première ligne de l’Université Laval, CIUSSS-Capitale-Nationale et directeur de la science et de l’innovation de l’Alliance santé Québec.

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