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Elle écrit un livre sur la mort terrible de sa sœur

Christiane Vadnais a été attaquée par le pitbull d’un voisin il y a trois ans

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 Près de trois ans après la mort horrible de sa sœur déchiquetée par les crocs d’un pitbull, à Montréal, Lise Vadnais déplore dans un livre le peu de chemin accompli pour empêcher de nouveaux drames comme celui qui a frappé sa famille. 

 « Chaque fois qu’il y a une nouvelle attaque, ça me choque et ça me met en colère, lance Lise Vadnais, essuyant une larme au passage. Je me dis : “Pas encore une autre !” Ça ravive beaucoup d’émotions et de souvenirs. » 

 Le 8 juin 2016, sa sœur Christiane Vadnais était tuée par le pitbull d’un voisin qui s’est acharné sur le corps au point où les autorités n’ont pas voulu que la famille le voie. 

Christiane Vadnais
Photo courtosie
Christiane Vadnais

 Aucune accusation 

 Lucifer, un pitbull de 7 ans pesant 33 kg qui avait déjà attaqué deux personnes l’année précédente, a été abattu par les policiers.

 Aucune accusation criminelle n’a été portée contre le propriétaire de l’animal, Franklin Junior Frontal. 

 Depuis, Lise Vadnais se consacre au « combat de sa vie » : éviter une autre tragédie. 

 Encore jeudi, elle était présente au palais de justice pour assister aux audiences sur le sort à réserver au pitbull qui a attaqué six personnes à Montréal-Nord l’été dernier. 

 « On n’a pas encore réussi à faire changer les choses. Par contre, il y a un débat et les gens en parlent beaucoup, même si ce n’est toujours pas suffisant. Ça prend des lois et des règlements sérieux », soutient la femme de 60 ans. 

 Scandalisée 

 Mme Vadnais se dit extrêmement déçue, voire scandalisée, du recul politique sur la question après la vague d’indignation suscitée par l’attaque mortelle contre sa sœur. 

 Autant la Ville de Montréal que le gouvernement provincial ont revu leur position sur ce chien agressif, même si l’Ontario et plusieurs villes américaines les ont interdits. 

 « On n’est pas un peuple barbare qui vit dans la jungle. Un pitbull, c’est comme une arme. Ce sont des chiens de combat », résume-t-elle. 

 Le 27 mars prochain, elle publiera un livre, Attention, chien dangereux, récapitulant l’ensemble de l’affaire, ses démarches et son implication. 

 Dans son bouquin, elle raconte Christiane, âgée de 55 ans au moment de son décès, mais aussi sa croisade pour légiférer sur les chiens dangereux, et elle tente de déboulonner les « mythes » entourant le pitbull. 

 Pour ce faire, elle s’appuie sur deux ans et demi de recherches. 

 « Bien malgré moi, je suis devenue experte de cette question », laisse tomber la sexagénaire qui demeure à Mont-Saint-Hilaire. 

 Messages haineux 

 Ses prises de position ont entraîné son lot de messages haineux de ce qu’elle qualifie de « lobby propitbull ». 

 « On cherche à justifier chaque attaque comme si ce n’était pas possible que ce chien soit plus dangereux que les autres, déplore-t-elle. C’est comme une secte. Il y a tellement d’agressivité. » 

 « On parle de sécurité publique. Tout ce que je demande, c’est que les pitbulls soient stérilisés et que l’on arrête l’élevage ainsi que l’importation. Ceux qui restent devraient porter la muselière et une laisse courte », affirme finalement l’auteure originaire du Centre-du-Québec.  

 ►Le livre Attention, chien dangereux paraîtra le 27 mars aux Éditions JCL. 

 Des extraits 

 « Le chien recule, la dévisage de ses yeux noirs. C’est à cet instant précis qu’elle comprend que non, elle n’aura pas le temps de se rendre jusqu’à la clôture. C’est à cet instant précis que la peur s’installe. » 

 « Jambe droite, jambe gauche. Mordre, secouer, arracher. La douleur est si intense qu’elle en tremble. Et sur son beau visage, les larmes coulent, sans qu’elle ne puisse rien faire pour les contenir. Des larmes de désespoir. » 

 « Son corps déchiqueté, son sang répandu sur le vert du gazon, son cœur qui vient de cesser de battre. » 

 « Dire que les chihuahuas et les teckels sont les chiens les plus violents équivaut à dire que, dans la société, les personnes les plus violentes sont les enfants de deux ans. » 

 « On peut se demander ce qui pousse une personne à vouloir posséder un chien qui fait peur à son voisin. »