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Une élue forcée de s'expliquer après des propos qualifiés d'islamophobes

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Une conseillère municipale de l’arrondissement d’Anjou à Montréal s’est défendue, dimanche, d’être raciste, après avoir publié la veille un message controversé sur sa page Facebook au sujet du port du voile. 

Dans un message publié au cours du week-end sur les médias sociaux, Lynne Shand se plaint d’avoir été traitée, lors d’une consultation d’urgence avec une spécialiste en ophtalmologie, par une personne qui portait le hijab. 

«Hier j’ai dû subir un examen ophtalmologique d’urgence. Qui était l’ophtalmologue? Une femme voilée... Grrr... si ce n’était pas de l’urgence, j’aurais refusé de me faire traiter par elle... je rage, car c’est vraiment de l’islamisation de notre pays», peut-on notamment lire dans un des messages de l’élue qui s’est présentée dans l’Équipe Anjou du maire d’arrondissement Luis Miranda . 

Son message a soulevé l’indignation chez plusieurs citoyens et élus montréalais, à commencer par le maire Luis Miranda, qui a sommé l’élue de s’expliquer. 

La principale intéressée s’est excusée, dimanche sur les ondes de LCN, auprès des gens qui ont été choqués par ses propos, admettant avoir «peut-être mal réagi» sur le coup de la fatigue et de la maladie. Elle refuse cependant l’étiquette de «raciste» et continue de défendre sa position sur le port du voile «dans les lieux publics». 

«Ça m’a offusquée parce que je ne pouvais pas refuser. C’était une spécialiste et il n’y avait pas personne d’autre. [...] On me met la religion en plein visage alors oui, ça m’a dérangée un peu. Je suis contre les signes ostentatoires dans les lieux publics, c’est vraiment ce que j’ai voulu dire», s’explique-t-elle. 

Mme Shand a plus tard précisé sa pensée, ajoutant qu’elle était contre le port de signes ostentatoires «dans les lieux publics» et chez les personnes «qui rendent un service à la société», comme les médecins, les policiers ou les avocats. 

L’élue a tenu à souligner que la qualité du service reçu avait été irréprochable et elle s’est excusée d’avoir évoqué «l’islamisation de notre pays» dans son message Facebook. 

Vague d’indignation 

Joint au téléphone dimanche, le maire de l’arrondissement Luis Miranda s’est rapidement dissocié des propos de Mme Shand. 

«Je n’endosse pas ces propos d’aucune façon. Je lui ai parlé ce matin [dimanche]. Je lui ai demandé de s’expliquer publiquement. Je ne partage pas ses opinions. Je considère que, comme élue, elle doit avoir un minimum de retenue», a-t-il indiqué. 

La mairesse de Montréal Valérie Plante a dénoncé ces commentaires «absolument inappropriés et indignes d'une élue». 

«Montréal est une ville ouverte, inclusive et diversifiée», a-t-elle rappelé. 

Pour sa part, le conseiller municipal de l’opposition officielle, Abdelhaq Sari, s’est dit choqué en lisant samedi soir les propos qu’il qualifie d’islamophobes. 

«Nous sommes outrés, moi et plusieurs élus municipaux, par ces propos inacceptables et xénophobes, mentionne-t-il. Il est inacceptable, voire déplorable, de lire ce genre de propos islamophobes venant d’une élue qui représente un arrondissement avec une forte population de confession musulmane!»