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Vers des programmes d’éducation internationale moins élitistes

Un «chantier de réflexion» est en branle afin d’abaisser les critères de sélection

À l’école secondaire de Neufchâtel, à Québec, le programme d’éducation internationale est si populaire que trois nouvelles classes y seront ouvertes l’an prochain, pour un total de 18 groupes.
Photo Jean-François Desgagnés À l’école secondaire de Neufchâtel, à Québec, le programme d’éducation internationale est si populaire que trois nouvelles classes y seront ouvertes l’an prochain, pour un total de 18 groupes.

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Une vaste réflexion est en cours dans plusieurs écoles qui offrent le programme d’éducation internationale (PEI), afin de le rendre moins élitiste et ouvert aux élèves plus faibles.

Environ la moitié des 25 commissions scolaires qui offrent ce programme ont entrepris cette démarche depuis l’automne, indique Annie Ouellet, responsable de la mise en œuvre du PEI à SÉBIQ, l’organisme qui agrée et soutient les écoles québécoises qui proposent ce programme.

Or, des voix s’élèvent pour dénoncer la sélection entourant les programmes particuliers dans le réseau public, dont le PEI, un programme très prisé par les parents, mais souvent réservé aux élèves plus performants sur le plan scolaire.

Il n’y a toutefois qu’au Québec où il existe une «culture élitiste» en lien avec le PEI, souligne Mme Ouellet.

«Au départ, il y a des écoles publiques qui ont choisi d’implanter le PEI pour contrer les écoles privées qui, elles, sélectionnent des élèves. C’est parti de là, il y a plusieurs années. C’est un choix que les écoles ont fait d’offrir le PEI avec une sélection et c’est resté ancré dans le réseau scolaire et dans la mentalité des parents», explique-t-elle.

Or, ce programme, qui est enseigné partout dans le monde, est plutôt basé sur des « valeurs humanistes » auxquelles tous les élèves qui le souhaitent devraient avoir accès, affirme Mme Ouellet.

Pas un programme enrichi

«Notre volonté, c’est de ramener le PEI à ce qu’il est vraiment, c’est-à-dire un programme destiné à former des citoyens du monde avec des valeurs sociales très grandes», précise-t-elle, refusant l’étiquette de programme « enrichi ». La montée de l’anxiété de performance parmi les élèves a aussi pesé dans la balance.

La SÉBIQ ne peut toutefois forcer les écoles ou commissions scolaires à assouplir leurs critères de sélection, puisque les modalités d’inscription dans ces programmes leur appartiennent.

Plusieurs commissions scolaires ont toutefois accepté de lancer cette réflexion, comme la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, qui couvre le secteur est de l’île de Montréal. D’autres ont aussi entrepris une vaste réflexion sur l’admission à tous leurs programmes particuliers, y compris le PEI, afin de les rendre plus inclusifs. C’est notamment le cas à la Commission scolaire de la Capitale, à Québec.

Diminuer les critères de sélection

Des écoles ont déjà diminué leurs critères de sélection et acceptent des élèves avec des besoins particuliers, affirme Mme Ouellet. D’autres écoles ont depuis longtemps un processus d’admission qui n’est pas basé sur les résultats scolaires.

À la Commission scolaire des Navigateurs, sur la Rive-Sud de Québec, la sélection des élèves du PEI est depuis longtemps basée sur les valeurs et la motivation des élèves, bien avant les résultats scolaires, selon sa porte-parole, Louise Boisvert. L’entrevue écrite «s’avère déterminante» dans le processus de sélection, plus déterminante que de bons résultats scolaires, précise-t-elle.

Programme d’éducation internationale (PEI)

  • 127 écoles québécoises offrent ce programme
  • 135 000 élèves québécois y sont inscrits
  • Un objectif : aider les jeunes à devenir des citoyens éveillés, responsables, conscients des besoins de leurs concitoyens et désireux de s’engager à les satisfaire et à rendre le monde meilleur.
Source : SEBIQ