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Le film qui fait trembler l’Église catholique

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Si vous pensez qu’en 2019, l’art ne sert plus à grand-chose et que le cinéma est un petit truc inoffensif qui sert juste à divertir, j’ai des petites nouvelles pour vous. Un film basé sur des vrais cas de pédophilie commis à Lyon par un prêtre a tellement fait peur à la hiérarchie catholique qu’elle a tout fait pour en empêcher la diffusion.

Grâce à Dieu (réalisé par François Ozon qui est en visite de promotion au Québec) est un film terrifiant, qui m’a donné froid dans le dos. Quand il prendra l’affiche au Québec, le 5 avril, ce grand film devrait être vu par tout le monde, pour mettre fin à l’omertà de l’Église catholique.

#MOIAUSSI, À L’ÉGLISE

Vous vous souvenez de Spotlight, meilleur film aux Oscars en 2016, qui racontait l’enquête du Boston Globe sur des cas de pédophilie chez les prêtres ? Hé bien, Grâce à Dieu est encore meilleur et plus puissant, puisque tout le film est raconté du point de vue des victimes. Le point de vue des enfants qui font aveuglément confiance à une figure d’autorité. Et le point de vue des enfants devenus adultes, marqués à tout jamais par les viols qu’ils ont subis, et furieux de découvrir que la hiérarchie catholique savait ce qui se passait et n’a rien fait.

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À aucun moment, Ozon ne montre ce qui se passe derrière les portes closes. Mais on a juste besoin de voir un prêtre tenant un enfant par la main pour deviner la suite et avoir envie de vomir.

Le plus surprenant, c’est que les victimes, dans certains cas, sont restées de fervents catholiques. Ce n’est pas une dénonciation de l’église par des athées ou des mécréants. Comme le dit une des victimes qui veut faire condamner le père Preynat qui l’a agressé : « Je ne fais pas ça contre l’Église, mais pour l’Église ».

Mais la semaine dernière, alors que le pape recevait le cardinal Barbarin (condamné pour avoir fermé les yeux sur les actions du père Preynat), le souverain pontife a refusé sa démission. Vous imaginez la gifle ? Alors que le pape aurait pu montrer de la vraie compassion pour les victimes...

LA PAROLE LIBÉRÉE

Il y a dans Grâce à Dieu des phrases qui reviennent souvent dans la bouche des proches des victimes, comme « T’es un homme maintenant » ou « Va falloir que tu tournes la page ».

Chacune de ces phrases donne le dégoût : comment peut-on minimiser ainsi l’impact d’un viol sur un enfant ?

C’est pourquoi j’ai été outrée, la semaine dernière, en apprenant que Barbra Streisand avait dit, au sujet des deux présumées victimes de Michael Jackson : « Ils sont tous les deux mariés et ils ont tous les deux des enfants, alors ‘‘ça’’ ne les a pas tués ».

Leaving Neverland et Grâce à Dieu sont deux films qui se font écho : l’un est un documentaire, l’autre est un film avec comédiens, inspirée de faits vécus. Dans les deux cas, on lève le voile sur la vraie souffrance des hommes qui ont été violés dans leur enfance.

Mais est-ce qu’on est prêt à les entendre ? Ou préfère-t-on penser que le #moiaussi ne s’applique qu’aux femmes ?