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Il a photographié sa patiente nue durant un examen

L’omnipraticien de Montréal s’est lui-même dit « dégoûté » de sa conduite

Dr Craig Smith
Photo Chantal Poirier Médecin de famille à Montréal, le Dr Craig Smith a pris une photo des parties génitales d’une patiente, à son insu, durant un examen médical. Hier, il a reconnu son erreur.

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Un médecin de famille de Montréal est coupable d’avoir pris en photo les parties génitales d’une patiente à son insu, et d’avoir tenté de photographier avec son cellulaire une autre patiente qui avait les seins nus.

« Tout au long de l’examen, j’étais sous le choc », a témoigné une patiente, dont l’identité est protégée.

« J’ai beaucoup de honte envers mon corps, je me sens sale », a-t-elle ajouté.

Le Dr Craig Smith a été reconnu coupable de deux chefs d’infraction par le Conseil de discipline du Collège des médecins du Québec (CMQ), hier. On lui reproche d’avoir pris une photo de la vulve d’une patiente, à son insu, durant un examen en avril 2018. C’est le médecin lui-même qui a avoué cette faute.

Or, on ne sait pas si cette femme est au courant de ce qu’elle a subi au Centre médical Santé Mont-Royal.

Une semaine plus tard, le Dr Smith a récidivé et a tenté de photographier une autre patiente dans son cabinet pendant qu’elle se déshabillait. C’est cette dernière qui a porté plainte au CMQ.

Hier, elle a témoigné avoir vu le médecin peser sur son cellulaire, en sa direction, pendant qu’elle enlevait son soutien-gorge.

Perte de confiance

« Je n’étais pas certaine. Pour moi, ce n’est pas possible qu’un médecin prenne une photo. Ce n’est pas normal », a-t-elle relaté.

Bien que sous le choc, la femme l’a confronté. Or, le Dr Smith a nié les faits.

« Sa façon d’agir, il était rouge, ses explications ne faisaient pas de bon sens, a-t-elle raconté. Je ne le crois pas. »

Le lendemain, elle a déposé une plainte.

Hier, le Dr Smith a témoigné qu’il « allait » prendre une photo de la patiente, mais qu’il ne l’a pas fait. Pourtant, il avait admis avoir pris un cliché, lors d’un interrogatoire du syndic, l’an dernier.

Un an plus tard, la jeune femme se dit toujours bouleversée par cet événement, et a consulté un psychologue.

« Je me considère comme forte, mais toutes ces années de confiance que j’avais, c’est rendu à zéro, a-t-elle dit. Je ne pouvais pas dormir, j’ai tellement perdu de nuits de sommeil. »

Bien qu’il n’ait pas plaidé coupable aux deux accusations, il a avoué avoir fait une « terrible erreur ».

« J’ai honte »

« Je suis dégoûté, j’ai honte de ce que j’ai fait », a-t-il témoigné hier.

« Je suis une bonne personne, un bon médecin », a-t-il ajouté, précisant qu’il est maintenant suivi par un psychiatre.

Le syndic recommande une radiation de cinq ans.

« C’est un véritable abus. C’est une déconvenue totale, a plaidé Me Jacques Prévost, du syndic. Ce sont des actes de violation d’intimité. »

De son côté, l’avocate du Dr Smith suggère une radiation de deux ans. Depuis l’an dernier, le docteur travaille avec un « chaperon », soit un autre employé avec lui dans son bureau.

« Son risque de récidive est minime », a dit Me Sophie Arpin, soulignant que son client n’a pas d’antécédents disciplinaires. Le Conseil a pris le tout en délibéré.