/opinion/columnists
Navigation

Bravo monsieur Bonnardel!

GEN-BONNARDEL-TAXIS
Photo Agence QMI, Maxime Deland Le projet de loi de François Bonnardel est pertinent, responsable et équitable.

Coup d'oeil sur cet article

« Présentement, on les regarde s’accumuler du capital de sympathie. »

Voilà ce que m’a mentionné, en boutade et de manière très ironique, une source lorsque je l’ai questionnée à savoir comment le gouvernement réagissait aux perturbations mises de l’avant par les taxis.

N’empêche que, plus sérieusement, on peine à comprendre comment les chauffeurs peuvent espérer obtenir l’appui de la population en empoisonnant la vie de centaines de milliers de personnes, tout en évitant d’offrir le service qu’ils devraient donner.

Appui populaire

La réalité, c’est qu’on soupçonne le contribuable d’être tout à fait d’accord avec la démarche gouvernementale.

Évidemment, il comprend que la situation n’est pas agréable pour les personnes qui ont choisi de faire de la spéculation avec un ou des permis de taxi.

Il y a l’empathie, mais il y a aussi le réalisme. Prenons la question des compensations. La CAQ a décidé d’ajouter 250 millions de dollars à ce qui avait déjà été annoncé l’an dernier par les libéraux, faisant en sorte que c’est désormais un demi-milliard de dollars qui sera versé aux propriétaires pour pallier la perte de valeur des permis. C’est énorme.

Je dirais même que c’est à la limite de ce qu’un gouvernement endetté comme le nôtre pouvait offrir.

D’ailleurs, on chuchote en coulisse que certaines personnes au gouvernement n’étaient pas du tout chaudes à l’idée de doubler la mise. On les comprend.

Parce que le contribuable, il estime qu’il a déjà fait un effort suffisant pour compenser l’industrie du taxi. Car le 500 M$, il vient de nos poches. Il vient notamment des surplus dégagés lors du dernier exercice budgétaire. Ce qui veut dire que l’effort considérable fait par les payeurs de taxes pour retrouver l’équilibre budgétaire, puis générer des surplus, sert déjà en grande partie à compenser une industrie qui a joué d’imprudence.

Évasion fiscale

En fait, le contribuable pourrait considérer qu’il en avait déjà fait assez, avant même d’avoir versé un seul sou à l’industrie. Pourquoi ? Parce que Revenu Québec a estimé en 2017 que, chaque année, l’État se privait d’un montant de 72 millions de dollars en raison de l’évasion fiscale dans l’industrie du taxi. Vous imaginez ?

Ce sont des centaines et des centaines de millions, voire quelques milliards, qui ont échappé aux coffres de l’État au fil du temps. Ça prend quand même un front de bœuf pour ensuite se tourner vers le gouvernement pour exiger d’autres milliards.

Le client

Il y a le contribuable, mais il y a aussi l’usager. Ces derniers sont « coupables » d’avoir encouragé l’infâme Uber. Je sais, c’est mal, mais que voulez-vous, ces gens aiment avoir un service de qualité.

Échaudés par des années de négligence, tenus pour acquis par un monopole qui ne craignait rien, ils ont été attirés par la modernité et par le souci de la satisfaction du client.

Pour une fois, un gouvernement ose penser aux usagers et reconnaît qu’il y a de l’appétit pour ce type de service dans la population.

Ça fait du bien. Le projet de loi de François Bonnardel est pertinent, responsable et équitable. Bravo monsieur le ministre !