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Des parents sont alarmés par le manque de garderies à Matane

Au moins 180 jeunes attendent une place dans cette région du Bas-Saint-Laurent

Jessyka Monette
Photo courtoisie Jessyka Monette doit cesser de travailler parce qu’elle n’a pas de place en garderie pour son petit Zackary.

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Des parents de la région de Matane doivent cesser de travailler ou se casser la tête avec des solutions temporaires pour faire garder leurs enfants, en raison d’un manque de places en garderies.

Pour 880 enfants en âge d’aller à la garderie dans la Matanie, on compte seulement 436 places. Certains enfants demeurent à la maison avec un de leurs parents, mais au moins 180 jeunes sont sur une liste d’attente dans cette région du Bas-Saint-Laurent.

Congé de maternité

Zackary, 18 mois, a fréquenté deux garderies familiales depuis qu’il a neuf mois, et sa mère, Jessyka Monette, doit cesser de travailler pour en prendre soin, car la dernière vient de fermer ses portes.

« Je suis chanceuse, le petit s’adapte bien. J’ai fait une quarantaine de téléphones [pour trouver une garderie], mais je dois arrêter de travailler et j’espère juste ne pas perdre ma job », dit Jessyka Monette.

La mère de famille devra se passer de salaire pendant quatre mois, jusqu’à ce que débute son congé de maternité, car elle est enceinte d’un second enfant.

Caroline Vallée a aussi perdu sa garderie le 15 mars pour son fils Liam, 10 mois. On a mis fin à son contrat, car le petit s’adaptait mal. Elle s’est retrouvée sans garderie et elle n’en trouve pas d’autres. « Je suis au travail avec des mamies qui dépannent, mais tous les jours c’est un casse-tête à savoir qui va s’occuper de mon enfant », commente Caroline Vallée. Déménager n’est pas envisageable pour elle.

53 places en difficultés

Le père de famille Nicolas Harrisson souffre aussi du manque de garderies. Son enfant de bientôt quatre ans fréquente la garderie non subventionnée les Minis Explorateurs, comme 52 autres jeunes de la Matanie. Son plus jeune devait s’y joindre en juin, mais la garderie est en difficultés financières et doit augmenter ses tarifs à 50 $ par jour, 60 $ pour un poupon.

« On n’aura pas les moyens. On n’a vraiment aucune idée où les enfants vont se retrouver », dit Nicolas Harrisson. Malgré sa réticence, il a inscrit son fils à la maternelle 4 ans pour septembre prochain.

La garderie en question a une dette de 170 000 $. Disant se conformer aux mêmes règles que les Centres de la petite enfance (CPE), la copropriétaire, Élisabeth Fillion, souhaite que le gouvernement accepte de les subventionner pour sauver les 53 places et même en ouvrir 17 autres qui lui sont déjà accordées. Au bureau du ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, on indique plutôt prioriser le développement de nouvelles places.