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Projet de loi sur la laïcité: une commission scolaire anglophone refusera de l’appliquer

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La commission scolaire English Montreal School Board promet d’ores et déjà de ne pas appliquer la loi sur la laïcité de l’État, qui interdira aux futurs enseignants de porter un signe religieux.

Son conseil des commissaires a adopté une résolution en ce sens, mercredi soir, avant même le dépôt du projet de loi 21 du ministre Simon Jolin-Barrette. La English Montreal School Board (EMSB) avait adopté une position similaire en 2014 pour s’opposer à la Charte des valeurs du Parti québécois.

«S’il y a une personne, qui veut travailler pour nous, qui porte un hijab, une kippa ou une croix, notre plan est d’embaucher la meilleure personne pour la job», explique le porte-parole de la EMSB, Michael J. Cohen.

Il souligne que des étudiants en enseignement qui portent le hijab font présentement leurs stages dans des écoles de la commission scolaire. «Elles sont très bien. Qu’est-ce qu’on devrait faire ? On devrait leur dire que nous n’avons pas de place pour elles l’an prochain ?», demande Michael J. Cohen. La loi, souligne-t-il, ne prévoit pas de sanction et l’embauche du personnel relève des commissions scolaires, et non pas du ministère de l’Éducation.

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La commission scolaire Sir Wilfrid Laurier a également adopté mercredi une résolution pour déclarer qu’elle «s’objecte fortement» au projet de loi, sans aller jusqu’à promettre d’y désobéir. «Tout le monde a le droit de s’exprimer, on est un pays inclusif. Je pense que cette loi nous fait reculer, parce que ça amène de la division», fait valoir le président de la commission scolaire, Paolo Galati.

Impact à l’international

Un sentiment partagé par le directeur général de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec, Russell Copeman. «C’est une mesure inutile qui sème la discorde et il n’y a pas vraiment de problème pressant avec le port de symboles religieux dans les écoles», dit-il.

Pire, l’interdiction de signes religieux à certains employés de l’État risque de nuire à l’image du Québec à l’international, estime cet ancien élu libéral. «Il est possible que ce soit interprété, ailleurs, comme un manque de tolérance et d’ouverture», souligne Russell Copeman.

Droits bafoués

Le projet de loi du gouvernement Legault n’a pas été mieux accueilli par la Fédération autonome de l’enseignement. «En s’attaquant à la liberté de religion, le ministre Simon Jolin-Barrette s’attaque à l’État de droit, dit son président, Sylvain Mallette, dans un communiqué. Non seulement son projet de loi bafoue la liberté de religion et de conscience, mais il menace aussi les conditions de travail des enseignantes et enseignants.»

Même la Centrale des syndicats du Québec, qui se dit «en faveur de la laïcité de l’État», estime que le gouvernement sort «l’artillerie lourde pour régler un faux problème.