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Une mauvaise blague au travail peut vous faire rire jaune

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Illustration Adobe Stock

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Le 1er avril, jour du poisson d’avril, vous prévoyez faire une blague ou jouer un mauvais tour à un collègue ? Prenez des précautions avant d’aller de l’avant.

Voici quelques illustrations qui démontrent que l’humour n’a pas toujours sa place en milieu de travail et peut exposer le salarié à des mesures disciplinaires assez sévères en pareilles circonstances.

Trafiquer des chariots élévateurs

Pour souligner le poisson d’avril, deux commis d’entrepôt ont entrepris de créer un effet de surprise auprès des salariés. Leur plan consistait à apposer du ruban adhésif sur le dispositif de sécurité activant la marche arrière ou le klaxon de chariots élévateurs.

Au retour de la pause, lorsque les employés ont mis en marche leur chariot, ou bien celui-ci se mettait subitement à reculer, ou bien le klaxon retentissait instantanément. La scène ayant été captée par une caméra de surveillance, les deux instigateurs n’ont eu d’autre choix que d’avouer leur mauvais coup. À noter que l’un d’eux était délégué syndical en matière de santé et sécurité au travail...

Compte tenu des risques potentiels de ce canular pour la santé et la sécurité des travailleurs, le tribunal d’arbitrage estime qu’une suspension de cinq jours était méritée.

Annoncer de faux licenciements

Le vice-président du syndicat a usurpé l’identité d’un directeur, en rédigeant une lettre mensongère et en imitant la signature de celui-ci. Dans cette missive, il annonçait une mise à pied pour certains postes de cadres. La nouvelle s’est vite rendue aux oreilles de deux cadres visés par cette fausse suppression d’emplois, ce qui a semé un vent de panique.

Au-delà du vol d’identité, le plaignant n’a certainement pas aidé sa cause en tentant de camoufler l’affaire et en mentant à plusieurs reprises lors de l’enquête patronale. Pour ces motifs, l’arbitre de grief n’a pas adhéré à la défense de blague et a décidé de maintenir son congédiement.

Geste de nature sexuelle

Alors qu’il conduisait une collègue au travail, un employé en profita pour s’adonner à une plaisanterie de mauvais goût. En effet, il déposa la main de sa collègue sur sa cuisse, où elle sentit aussitôt quelque chose de dur. Voyant qu’elle était déconcertée, il s’empressa de sortir un vibrateur de son pantalon, tout en éclatant de rire.

Fier de son coup, l’employé ne pourra s’empêcher de le raconter à ses collègues, allant même jusqu’à aviser le conjoint de celle qu’il avait piégée.

Ce qui pour le plaignant n’était qu’une joke constituait plutôt un geste de harcèlement sexuel de l’avis du tribunal. La contestation de sa suspension de dix jours a donc été rejetée.

À retenir

  • Même si le salarié avait véritablement l’intention de faire rire ses collègues, cela n’est pas suffisant en soi pour empêcher l’imposition d’une sanction en présence d’un comportement fautif.
  • La blague ne doit pas mettre en danger sa santé et sa sécurité, celles de ses collègues ou du public en général.
  • Elle ne doit pas non plus être à connotation sexuelle ou porter atteinte à la dignité d’autrui, ni constituer une manifestation de harcèlement, de discrimination, d’intimidation ou de provocation.
  • Enfin, l’acte humoristique posé par le salarié ne doit pas engendrer d’impact négatif pour l’entreprise.