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QS défendra le droit aux signes religieux pour tous

Le compromis Bouchard-Taylor enterrés par les solidaires

Les militants de Québec solidaire ont voté largement contre toute interdiction des signes religieux. Manon Massé, photographiée aux côtés de Gabriel Nadeau-Dubois lors d’un point de presse hier, considère désormais que le parti devient la véritable opposition au gouvernement caquiste dans le dossier identitaire.
Photo DIDIER DEBUSSCHÈRE Les militants de Québec solidaire ont voté largement contre toute interdiction des signes religieux. Manon Massé, photographiée aux côtés de Gabriel Nadeau-Dubois lors d’un point de presse hier, considère désormais que le parti devient la véritable opposition au gouvernement caquiste dans le dossier identitaire.

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Québec solidaire tourne le dos à Bouchard-Taylor et militera dorénavant contre toute interdiction des signes religieux. Les solidaires ouvrent également la porte au port du voile intégral dans les services publics.

Après avoir défendu l’interdiction des signes religieux pour les juges, policiers et gardiens de prison pendant six ans, les militants de QS réunis samedi en Conseil national à Québec ont choisi une option qui s’apparente à celle du Parti libéral du Québec.

Selon la co-porte-parole Manon Massé, la position Bouchard-Taylor ne tient tout simplement plus la route. « Force est de constater que nous étions les seuls à continuer de défendre le compromis Bouchard-Taylor. Cette semaine, le ministre [Simon] Jolin-Barrette a officiellement mis le clou dans le cercueil de ce compromis avec son projet de loi 21 qui va beaucoup plus loin », a-t-elle affirmé, en conférence de presse.

Mme Massé estime maintenant que QS peut se targuer d’être la véritable opposition au gouvernement de la CAQ dans le dossier identitaire.

« À notre retour en chambre, la semaine prochaine, devant la CAQ, nous aurons les coudées franches. Nous défendrons certes mieux que jamais le principe de laïcité de l’État et non pas de la laïcité des individus. Personne ne devrait perdre son emploi ou être empêché au Québec d’exercer la profession de son choix, s’il ou elle porte un signe religieux », a-t-elle insisté.

Confusion sur le visage découvert

Québec solidaire revoit également sa position sur le visage découvert lors de la prestation et de la réception des services publics, qui a semé la confusion lors d’un point de presse suivant le vote.

Selon ce qui a été adopté par les militants, les élus solidaires ne s’opposeront plus au port du niqab et de la burqa chez les employés de l’État, à moins que la sécurité soit compromise, que le devoir de réserve ou l’exercice de la profession l’exige, ou s’il y a prosélytisme.

Le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois a toutefois jugé bon de convoquer à nouveau les médias à une seconde mêlée de presse pour nuancer la position du parti.

Le leader parlementaire solidaire a soutenu que la résolution en question n’est pas un « feu vert au port de vêtements qui couvrent le visage dans la fonction publique », mais il a reconnu du même souffle qu’il ne s’agit pas d’un feu rouge non plus.

« Ce n’est pas une résolution mur à mur, ce n’est pas une résolution qui dit c’est interdit pour tout le monde, ou c’est permis pour tout le monde », a-t-il précisé.

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Gabriel Nadeau-Dubois a donné l’exemple d’une enseignante. Dans le cadre de ses fonctions et de la nécessité de communiquer avec les élèves, le visage couvert ne serait pas accepté.

Ultimement, ce sera aux directions des organismes et ministères de juger si une personne peut ou non se couvrir le visage dans l’exercice de ses fonctions.

Accusée d’orienter le débat

Plus tôt en journée, le Collectif laïcité de QS a accusé la direction du parti d’avoir orienté le débat sur la laïcité. En faveur de l’interdiction des signes religieux chez tous les agents de l’État en contact avec les citoyens, Richard Aubert n’a pas caché sa déception.

« [Le parti] nous a nui un peu, il ne nous a pas laissé parler trop librement », a-t-il confié aux journalistes. Son option n’avait pas été retenue en vue du Conseil national.

 

Québec solidaire fait volte-face

« Le compromis Bouchard-Taylor a très longtemps représenté un potentiel de rallier dans la société québécoise, mais je pense qu’aujourd’hui, chez nous, on tourne la page »

– Manon Massé, co-porte-parole solidaire

« Nous sommes contre une interdiction mur à mur (du visage couvert), mais nous pensons qu’il est possible et souhaitable de l’interdire dans plusieurs circonstances »

– Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole solidaire

« Québec solidaire est aujourd’hui, je pense, l’opposition forte qui défendra sans compromis les droits et libertés pour toutes les personnes ici au Québec »

– Ève Torres, ex-candidate solidaire

« C’est un signal d’ouverture, mais peut-être qu’on a mal compris, en tout cas à mon sens, comment l’État doit être laïc pour pouvoir être ouvert à tous »

– Denise Veilleux, militante de QS en faveur de la position Bouchard-Taylor