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Le droit mène aussi à la pâtisserie

Une avocate de formation effectue un virage à 180° afin de pouvoir exercer pleinement sa créativité

Gabriela Passos Braz
Photo courtoisie Gabriela Passos Braz dans sa pâtisserie du quartier Côte-des-Neiges, à Montréal.

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Gabriela Passos Braz n’avait pas encore 30 ans quand elle a pris deux décisions qui allaient changer le cours de sa vie. Avocate de formation, elle a abandonné une carrière naissante pour retourner à l’école afin d’apprendre le métier de pâtissière. Diplôme en poche, elle a quitté son Brésil natal pour immigrer au Québec où elle a enfin réalisé son rêve : avoir sa propre pâtisserie.

« J’ai d’abord choisi le droit, influencée par ma mère. Si j’aimais être avocate, cette profession ne me permettait pas d’exercer pleinement ma créativité. J’ai toujours aimé cuisiner, surtout des gâteaux, et j’ai décidé de me former en pâtisserie », relate Gabriela Passos Braz, qui a quitté le Brésil pour fuir le climat de violence et les conditions économiques difficiles.

À son arrivée au Québec, il y a cinq ans, elle a d’abord travaillé pour une chocolaterie, en plus d’être pâtissière à son compte. Elle a trouvé sa clientèle parmi la communauté brésilienne, qui lui commandait les desserts typiques du pays faits avec des ingrédients tels que des fruits tropicaux (ananas, lime, fruit de la passion), et « beaucoup de chocolat ».

Une de ses spécialités : les brigadeiros, des truffes au chocolat servies généralement aux anniversaires d’enfants.

Entre deux gâteaux, elle nourrissait son projet d’avoir pignon sur rue avec sa propre pâtisserie. En 2017, elle s’est donc inscrite à une formation en lancement d’entreprise au SAJE Montréal. Plan d’affaires en main, elle s’est mise à la recherche de financement. C’est finalement Futurpreneur, en partenariat avec BDC, qui lui accordera l’aide financière dont elle avait besoin pour aménager le local commercial qu’elle a trouvé dans le quartier Côte-des-Neiges, près de l’oratoire Saint-Joseph.

« J’ai choisi ce secteur parce que le coût des loyers n’est pas exorbitant. Il y a aussi beaucoup de touristes, ce qui crée de l’affluence pour la pâtisserie », explique Gabriela.

La pâtisserie Dulce Paradise a ouvert ses portes en septembre dernier. Pour Gabriela, c’était la concrétisation d’un rêve. « La première journée, c’était excitant, et ça l’est encore après plus de six mois d’activité », lance-t-elle.

En plus des pâtisseries à l’unité, elle vend beaucoup sur commande pour des anniversaires, des mariages et autres occasions spéciales. Sa clientèle est composée majoritairement de Brésiliens et de plus en plus de gens du quartier.

Gabriela a baptisé sa pâtisserie Dulce Paradise, en référence au dulce de leche, le fameux caramel, mais surtout en hommage à sa grand-mère, qui se prénommait Dulce. « C’est elle qui m’a donné le goût de faire de la pâtisserie. Elle m’a beaucoup appris. Et elle disait toujours qu’au paradis, on peut manger toutes les sucreries que l’on veut. »

Des projets plein la tête

Les journées de la pâtissière sont bien remplies entre la fabrication des gâteaux, biscuits et croissants, les achats, le service à la clientèle, etc. Elle a embauché deux personnes et prévoit augmenter ses effectifs pour la belle saison.

Elle organise également des ateliers culinaires, un bon moyen pour elle de se faire connaître, en plus de participer à des événements pour faire goûter ses délicieux desserts.

« Il y a beaucoup à faire, mais c’est comme je l’imaginais. J’aime quand ça bouge, alors je suis bien servie ! »

Son parcours

  • Gabriela Passos Braz, 36 ans
  • Baccalauréat en droit, Université de Curitiba, Brésil, 2007
  • Chef de cuisine et restaurateur, École Centre européen, Curitiba, 2010
  • Pâtisserie et boulangerie, École Centre européen, Curitiba, 2011
  • Chef pâtissière (à son compte), Montréal, de 2016 à 2017
  • Propriétaire de la pâtisserie Dulce Paradise, 2018

UNE DE NOS MEILLEURES DÉCISIONS

  • « J’ai contracté un prêt plus important que prévu qui m’a permis de constituer un fonds de roulement. Ça m’a été très utile au début pour acheter tous les ingrédients dont j’avais besoin et parer aux urgences, comme le congélateur qui est tombé en panne. »

UNE DE NOS PIRES DÉCISIONS

  • « Une amie est venue m’aider à la décoration des gâteaux, mais elle ne s’y connaissait pas vraiment. Il faut du temps pour former les gens. »

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