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Carpe Diem

Alain Choquette
Photo courtoisie, Éric Myre Alain Choquette s’est intéressé au temps dans son nouveau spectacle de magie, La mémoire du temps.

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Après 12 spectacles, Alain Choquette a décidé que La mémoire du temps serait son dernier tour de piste. Le magicien de 56 ans a voulu offrir un spectacle poétique et actuel qui pourrait toucher le public. Le Journal s’est entretenu avec lui.

Pourquoi avoir décidé de parler du temps dans ce nouveau spectacle ?

« Pour l’ancien show, j’avais mis un petit fil rouge à l’intérieur de ça : le rêve. Ça avait vraiment accroché. Dans les critiques, le mot “poésie” était ressorti, à ma grande surprise. Pour le nouveau, je me suis alors demandé : qu’est-ce qui me hante tous les jours depuis que j’ai 50 ans ? C’est le temps. Le temps qui passe vite, la nostalgie du passé, profiter du moment présent. C’est organiser le futur. Je vais parler de ça, de quelque chose qui me touche vraiment. Les gens vont sentir l’émotion que j’ai au travers de ça. C’est la prise de conscience du présent, du passé et du futur. »

Avant d’avoir 50 ans, vous ne portiez pas trop attention au temps ?

« Non, parce que tout allait bien. À un moment donné, t’arrives à 50 ans. Même si je suis super en forme, j’essaie de geler le temps dans ma vie. C’est plus difficile de se lever le matin. Y’a plein de petites affaires qu’on doit faire quand on atteint cet âge-là. C’est ça qui me rattrape. Mais en même temps, tes expériences et ton passé te servent dans le présent. Y’a ces bons côtés-là. Je fais une heure et demie de gym tous les jours pour me garder en meilleure forme physique. »

Comment fait-on un spectacle de magie porté sur le temps ?

« On est allé chercher des sujets qui vont autant toucher le jeune que l’adulte ou le grand-parent. Pour moi, c’est important que tout le monde se sente touché. Aussi, je me suis demandé comment je pouvais apporter une certaine poésie dans le choix de mes numéros. Ç’a pris environ un an et demi à écrire tout ça. [...] Au début du spectacle, je commence avec une fin de show, je viens saluer les gens. Ça les déstabilise beaucoup. Après, tout prend son sens. J’espère que c’est un show qui va toucher le public. »

Vous avez annoncé l’an dernier que cette nouvelle tournée serait la dernière de votre carrière. Vous n’avez pas changé d’idée depuis ?

« Non, mon show précédent a quand même duré sept ans. Si celui-là dure sept ans, ça va se rendre assez loin. C’est un show que j’ai beaucoup de plaisir à faire. D’après moi, dans l’émotion que les gens vont ressentir, je pense que c’est le meilleur que j’ai fait. Et j’espère le faire plusieurs années. »

Que se passe-t-il avec l’Europe ?

« On retourne en France avec ce show-là. On va aller à Paris dans une salle un peu plus grande que la dernière fois, car on a besoin d’un plus grand plateau. Au niveau des décors, c’est plus demandant. On va aussi s’installer moins longtemps, en essayant d’avoir du monde le plus possible. Le théâtre n’a pas été encore choisi, mais on en a deux ou trois en vue. On vise le 600 à 700 places. C’est une belle jauge intéressante. »


►Alain Choquette présentera La mémoire du temps lundi au Théâtre Maisonneuve. Il sera aussi au Capitole de Québec le 16 avril. Pour toutes les dates : alainchoquette.ca.

Des numéros vendus à Copperfield

L’an dernier, en raison d’une poursuite, David Copperfield a dû dévoiler en cour certains trucs derrière son célèbre numéro où il fait disparaître 12 personnes. Mais saviez-vous que le magicien américain avait acheté ce numéro d’Alain Choquette dans les années 1990 ?

« Je lui ai vendu cinq numéros en tout, au fil des années, dit le magicien québécois. Le numéro des 12 spectateurs qui disparaissent, Copperfield m’avait vu le faire à Atlantic City, en 1994. On avait réglé ça deux ans plus tard. Je lui avais vendu le numéro, mais j’avais gardé les droits. Quelques années plus tard, je m’étais retrouvé à jouer à l’hôtel Paris, à Las Vegas. Lui jouait juste en face, au Caesars Palace. Et on avait la même finale ! C’est comme si c’était moi qui avais copié sur lui (rires). »