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Dans les coulisses d’un bar country

Laurette Laurin
Photo courtoisie, Martine Doyon Laurette Laurin

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Avocate à la retraite et écrivaine à la plume savoureuse, Laurette Laurin porte un regard candide et émouvant sur les coulisses du bar western légendaire tenu pendant quatre décennies par sa famille dans son nouveau roman, Canot western. Plusieurs vedettes se sont produites sur la scène du Canot western du Bar de l’Ô de Charlemagne – même la jeune Céline Dion !

Laurette Laurin raconte l’histoire d’une jeune fille dont la vie quotidienne bascule avec l’arrivée d’un bar dans la famille. Son roman, qui mêle l’histoire de ce bar country à la chronique d’une famille, se peint sur un fond de culture populaire québécoise.

Au fil des pages, la petite fille passe de l’école primaire à la Faculté de droit et du job de serveuse à la profession d’avocate.

<b><i>Canot western</i></b><br />
Laurette Laurin<br />
Éditions Québec Amérique, 306 pages.
Photo courtoisie
Canot western
Laurette Laurin
Éditions Québec Amérique, 306 pages.

Le roman fait découvrir les coulisses d’un univers souvent mal compris, raconte différentes anecdotes drôles ou attendrissantes, pointe du doigt certaines situations moins agréables vécues par l’héroïne.

Laurette Laurin, avec beaucoup de tendresse et d’amour, décrit ce monde extraordinaire, hors-norme, dans lequel elle a grandi.

« Canot western, c’est une autofiction, mais c’est romancé », dit l’écrivaine, qui a puisé dans ses souvenirs et dans ses émotions pour écrire. Son livre décrit très bien une époque révolue – celle de l’éclatement de la religion, de l’avancée du féminisme, du mouvement indépendantiste, de la découverte de l’amour libre.

« Le vaste public western va sûrement apprécier cet hommage que je rends à leur univers qui est souvent mal compris, souvent malmené, mal aimé », ajoute-t-elle.

Période « magique » !

« Au début, le bar, c’était la musique populaire. On est passé par la période disco, avec la boule en miroir, Boule noire qui est venu, Nanette aussi, envoye donc. »

Essuyant des difficultés, le bar de Marc Laurin a ensuite pris un virage radical en se tournant vers le public country western.

« Pendant 30 ans, le bar, avec ses 300 places assises, était plein jeudi, vendredi, samedi, dimanche. C’était magique. »

Les clients arrivaient de toutes les régions du Québec, même du Nouveau-Brunswick. « C’était fou ! C’était LA place western où on allait entendre ses artistes préférés. »

Son père travaillait au bar, mais c’était aussi lui qui était le maître de cérémonie, qui présentait les artistes.

« Une scène dans le livre est fortement inspirée de ce qui s’est passé, lors d’une soirée-hommage. Un artiste avait dit : “T’étais le seul, Ti-Marc, qui mettait un bonus dans notre enveloppe quand ça avait bien été. Les autres ne faisaient pas ça.” »

« D’autres ont dit : “Pendant des années, on pouvait compter sur vous pour nous engager. Vous nous avez permis de gagner notre vie dignement.” Le cœur du Canot western, c’était mon père. »

Âme résiliente

Adolescente, Laurette Laurin préférait de beaucoup Harmonium aux vedettes country.

« C’est vrai qu’on se pinçait le nez et qu’on faisait les chansons... Mais mon père s’est choqué en nous disant, aïe, apprenez donc à respecter ce monde-là, c’est des vrais artistes. J’ai découvert l’âme western, qui est finalement une âme résiliente, qui nomme la douleur, qui veut partager la joie. »

Dans le roman, écrit parfois avec des émotions douloureuses, parfois dans une grande joie, elle cite plus de 80 chansons, qu’elle connaît toutes. « J’ai fort probablement une âme western aussi ! »


► Laurette Laurin est auteure, avocate et comédienne à ses heures.